• Jo et Sylvie

Carretera Australe 3 - Parque Nacional Queulat


Après avoir quitté Puerto Rio Tranquilo et ses splendides grottes nous roulons vers le nord de la Carretera Australe, prochaine étape, le village ‘Villa Cerro Castillo’ situé à peine à une centaine de kilomètres.

Nous mettons cinq bonnes heures pour y parvenir, toujours cette condition de piste dégradée qui nous oblige à ralentir au moindre trou et à zigzaguer pour en éviter certains.

Nous nous arrêtons souvent pour admirer le paysage au milieu de rivières, cascades, forêts immenses.

12 décembre :

Nuit-étape très calme à Villa Cerro Castillo, nous reprenons la suite de la Carretera Australe et là, c’est curieux ce matin, il apparait un fait nouveau, sommes-nous bien réveillés ? …

Alors que nous roulons, nous n’entendons plus de vibrations, plus de pierres s’écraser sous le poids de kokopelli et plus de pierres qui ricochent venant cogner le dessous du véhicule.

La ruta 7 – Carretera Australe est devenue asphaltée ! Génial (Renial en espagnol). Autant dire que nous sommes ravis de rouler ENFIN sur une route ‘normale’ ! Nous avions eu l’information par des anciens voyageurs que le pays travaillait beaucoup à l’aménagement de cette fameuse route. Jusqu’à quand allons-nous rouler sur une route rendue ‘normale’. Nous verrons bien…..

Nous traversons des routes de montagnes toujours aussi splendides. Dans l’après-midi, nous trouvons un emplacement en bordure d’une rivière et profitons de donner un shampoing complet à kokopelli qui dans l’ensemble s’est bien comporté jusqu’à présent. Nous vidons tout l’intérieur de la soute et gros ménage puis c’est au tour de la carrosserie.

Cela ressemble à un vrai ‘nettoyage de printemps’ et c’est bien tombé car nous sommes justement au printemps…..pour quelques jours encore !

13 décembre :

Le peu de temps passé dans ce bivouac nous a permis de sympathiser avec un chien qui restait à côté du camping-car. Ce malheureux chien peut-être abandonné par son maître est bien maigre. Il est très fréquent de rencontrer des chiens errants en Amérique du Sud en ville comme dans la campagne.

Celui-ci qui se montrera très câlin sans doute à la recherche d’un nouveau maître aura le privilège d’avoir deux copieux repas préparés par Sylvie.

Peu de temps après nous arrivons à Coyhaique, capitale de la province rurale de Aysen. Coyhaique est une ville de 40000 habitants au milieu de montagnes aux cîmes couvertes de neige. Nous laissons kokopelli et partons faire des courses plus complètes que dans les ‘supérettes’ des petits villages traversés jusqu’ici. Nous nous rendons à Unimarc, une sorte de magasin Carrefour où on y trouve de tout. L’approche de Noël est marquée ici par une musique de fête qui défile en continue dans le magasin et par quelques décorations sommaires de Noël qui n’égalent pas les décorations parfois exagérées qu’on trouve en France.

Nous partons ensuite à la découverte de la ville et achetons des petits articles de Noël pour décorer l’intérieur de kokopelli, une guirlande lumineuse clignotante, une guirlande et un sujet avec le message‘Feliz Navidad’ (Joyeux Noël).

14 décembre :

Nous repartons en ville à la recherche de l’agence ‘RivieraAustral’, une agence de transport maritime au Chili. La continuité de de la Carretera Australe qui va nous permettre d’atteindre la ville de Puerto Montt demande le passage par deux ferry. Nous avons besoin d’informations sur ces traversées comme les horaires, le coût, la durée…

La personne qui nous reçoit nous explique que les deux traversées sont deux compagnies différentes et nous suggère de faire une halte dans la ville de Chaiten située à proximité pour y acheter notre titre de transport.

Nous flânons ensuite dans la ville et profitons d’une foire organisée autour de la ‘Plaza’ de forme pentagonale. C’est une foire artisanale qui réunit les localités qui entourent la ville de Coyhaique. Travail du bois comme de la laine peignée, vente de confiture, chaque stand expose son travail et sa culture locale.

De retour au camping-car, nous nous apprêtons à quitter la ville mais avant nous nous rendons à un distributeur de gaz. Notre bouteille ‘Argentine’ est vide et sommes passés sur notre bouteille ‘française’ de secours. Le gérant ne possède pas de raccord et ne peut pas nous dépanner. Ce n’est pas un problème, notre bouteille ‘française’ est pleine et nous ne sommes pas dans l’urgence. Nous repartons et en longeant un boulevard, nous apercevons un autre distributeur de gaz. Nous ne sommes pas dans l’urgence comme je viens de le dire mais et si par hasard, il serait équipé pour nous recharger la bouteille, allez…. Allons voir….

Je stationne sur le côté droit de la chaussée, place mon clignotant et décide de faire une marche arrière d’une vingtaine de mètres... Les rétroviseurs comme l’écran de la caméra de recul indiquent personne derrière nous, c’est le moment, je commence à reculer lentement et en l’espace d’un instant, nous entendons un coup de klaxon suivi d’un choc arrière. Je pile net et regarde dans le rétroviseur, un véhicule vient de nous heurter à l’arrière.

Ahhhh... c'est 'BALLOT' comme dirait quelqu'un qui se reconnaitra !!!

La coque des feux en plastique de kokopelli est cassée. Le véhicule quant à lui est un 4*4 et n’a rien bien sur avec son gros bouclier avant. Il est inutile de faire un constat et la personne fort aimable nous aide à trouver un garage. Il nous suggère de le suivre. Nous ramassons quelques pièces tombées parterre et roulons derrière lui.

Nous arrivons à un garage carrossier et la personne comprenant notre embarras, laisse tomber tout son travail pour s’occuper ne nous.

Le conducteur du 4*4 content de savoir que nous sommes pris en charge nous quitte et nous renouvelons nos ‘disculpe’ (excusez-nous) pour le contre-temps.

A croire que le garagiste connait les camping-car européens mais en moins de cinq minutes, il démonte le bloc de plastique fissuré. Il refixe de manière temporaire les feux arrière afin que nous puissions circuler et nous propose de revenir mercredi pour remettre le bloc de plastique refait.

Nous sommes vendredi et pour attendre mercredi nous partons à une heure de route Puerto Aysen, une ville australe isolée entre des fjords donnant sur le Pacifique. C’est là du reste que nous devions partir après la recherche infructueuse du gaz.

Alors que nous traversons des forêts qui bordent le Rio Simpson, autant dire que le sujet de discussion se porte sur ce sinistre. C’est la première fois que nous avons un accident responsable. Dire que cela fait partie des risques du voyage sans doute mais nous nous en serions bien passés. Nous nous réjouissons de savoir que les dégâts ne sont pas si catastrophiques et que le garagiste fait preuve de sérieux et avons hâte d’être mercredi pour revenir à son garage.

Revenir à ce garage … Soudain Sylvie et moi nous nous regardons dans les yeux et réalisons quelque chose, nous nous posons la même question : Mais au fait, ce garage se trouve où dans Coyhaique ?

Hé oui dans toute cette précipitation nous ignorions tout sur l'adresse du garage !

Il s’en suit toute une série de déductions, l'endroit du sinistre ...oui nous pouvons le localiser car il est à proximité de l'enseigne de gaz .... ensuite..... nous avons suivi la personne et son 4*4 en prenant à gauche puis à droite .... le garage devrait donc se situer ‘aux environs de tel endroit ’ mais sans en savoir plus...

Aucune inquiétude majeure (pour l'instant), cela nous permettra mercredi prochain de faire un ‘jeu de piste’ intitulé ‘où se trouve le bon garage !’

15 décembre :

Il pleut ce matin à Puerto Aysen à notre réveil. Nous sommes dans une ville qui totalise aujourd’hui près de 25000 habitants et qui a son histoire comme le témoignent encore quelques édifices. Ce fut un des premiers lieux de débarquement des colons qui commencèrent ici le dur labeur d’ouvrir une route vers l’intérieur dans les années 1900 en longeant le Rio Simpson.

Nous profitons d'internet et partons ensuite à la découverte de la ville lorsque la pluie cesse. L'artère principale remplie de commerces affiche des décorations de Noël.

16 décembre :

Nous sommes dimanche et notre retour à Coyhaique est prévu à mercredi…. Nous avons encore du temps devant nous et profitons de la journée pour se rendre à ‘Bahia Acantilada’, une aire aménagée dans une baie donnant sur l’océan pacifique. Et bien sur pour accéder à cette endroit, nous reprenons une piste, à croire que cela nous manquait.

Cette aire est équipée de table de pique-nique et de barbecues. C’est le point de chute des locaux en week-end avec leur fameuse ‘parilla’, grillade au feu de bois.

Nous baladons le long d’une crique, tout autour de nous se dressent des versants de fjords avec des glaciers au sommet d’où partent de longues cascades. La fin du week-end est proche et les locaux rentrent, il nous est permis de rester la nuit, que demander de plus ! nous avons pour nous deux cet endroit reculé de toute habitation en bordure du lac. Et en prime, l’entrée est assurée par un gardien de nuit.

17 décembre :

Après une nuit plus que calme, nous effectuons l’intendance du camping-car et repartons en fin de matinée pour Puerto Aysen. Depuis quelques jours Sylvie se plaint de douleur dans une oreille sans assurer si c’est une douleur provient du fond de l’oreille ou a pour origine une douleur dentaire.

Nous partons donc au service ‘urgences’ de l’hôpital de Puerto Aysen, un tout nouveau établissement ouvert dans la ville. Le principe est le même qu’en France, enregistrement à l’accueil, puis une infirmière effectue quelques examens comme prise de la tension, température posant des questions sur prise de médicaments…. Ce qu’il y a de positif c’est que nous arrivons de plus en plus à suivre la conversation sans pour autant savoir bien répondre.

Nous repartons en salle d’attente pour être appelés ensuite par un médecin de garde. C’est nous tour, l’interne examine Sylvie et pour mieux commenter son diagnostic, il affiche sur un ’écran d’ordinateur la coupe du conduit auditif, Sylvie a une petite inflammation de la paroi interne, rien de bien méchant .

Nous partons avec une ordonnance pour un antibiotique à prendre, 24 € de consultation et 30 € pour un petit flacon ;-).

Nous faisons quelques courses et partons dormir à Chacabuco, un petit port de pêche en bordure d’océan. C’est aussi de là que partent les ferries vers l’île Chiloé, une grande île Chilienne situé à quelques heures de bateau.

Nous bivouaquons non loin d’une aire de jeux et entamons une partie de scrabble. Une personne passe à proximité du véhicule et s’arrête à notre niveau. Le jeune homme nous informe qu’il est collectionneur de ‘monedas’ et nous demande si nous n’avons pas quelques pièces de monnaie d’Europe.

Sylvie part fouiller le coffre et revient avec quelques pièces françaises, la personne est ravie, il est marin et cumule des pièces à travers les pays parcourus.

Pour nous remercier il se propose de nous offrir un poisson, que nous refusons mais il insiste.

Nous reprenons notre partie de jeu interrompu lorsque nous apercevons le jeune homme revenir avec son sac à dos et extraire un merlu congelé qu’il a pêché lui-même. Il sort aussi de son sac sa riche collection d’albums de pièces de tous pays et les commente avec passion. Nous passerons la soirée en visitant le monde à travers des pièces de monnaie.

18 décembre :

Encore une journée à attendre avant de se rendre au garage de Coyhaique. Nous préférons quitter Puerto Aysen et se placer à Coyhaique.

Avant de partir, nous faisons une halte au pont suspendu, le ‘Puente Presidente Ibanez’, le plus grand pont suspendu métallique du Chili. Nous visitons le petit port mais aussi quelques demeures du temps passé de l'arrivée des pionniers, des maisons faites de bois dont certaines tiennent à peine debout.

Nous longeons le Rio Simpson qui traverse des vues magnifiques comme le 'cake anglais', un bloc de montagne en forme de 'cake', des cascades et partout des fleurs et des pâtures.

Il est encore tôt lorsque nous arrivons à Coyhaique et nous recherchons notre 'fameux' garage. Avec les éléments que nous avions réunis, nous voici rassurés de trouver finalement le garage.

19 décembre :

Nous retrouvons Renaldo et Luis, les carrossiers qui se sont occupés de kokopelli.

Le bloc de plastique cassé lors du choc est refait à croire que Renaldo s'est mis en contact avec la France pour recevoir une pièce neuve. Je suis les opérations de remontage en apportant mon aide et me propose même en rigolant avec lui de postuler pour être carrossier.

Après étape de remontage, dernier masticage, ponçage, couche de peinture successive, Kokopelli est remis à neuf, nous immortalisons ce service rapidement et parfaitement traité par quelques photos. Un grand merci à Renaldo ! Nous ne manquerons pas de parler de toi auprès d'autres voyageurs.

Nous reprenons la route en poursuivant la Carretera Australe en direction du nord. Profitant du stationnement à proximité d'une maison, je sympathise avec Victor et en profite pour lui demander des outils spécifiques. Avec les pistes parcourues, il reste un écrou à replacer. Victor revient avec tout le matériel nécessaire et la réparation prend 5 minutes ....

Passionné de la nature, il nous renseigne sur les routes et coins à visiter que nous allons entreprendre le long de la Carretera.

Guirlande de noël allumée en arrière plan, nous passons une agréable soirée avec lui et échangeons de la musique française contre de la musique chilienne.

20 décembre :

En quittant notre bivouac, nous saluons Victor qui nous souhaite bon voyage et repartons avec un pot de marmelades de pommes offert par sa belle-maman. Merci mamie du Chili!

Notre route traverse le parque national du Queulat, une région verdoyante avec partout des rivières, des torrents et des cascades.

21 décembre :

Après ces derniers jours occupés aux réparations et entretien de kokopelli, nous repartons faire une randonnée dans le parque du Queulat. Ce parc possède de nombreux glaciers et un d'entre eux est suspendu à flanc de paroi.

C'est le glacier Ventiquero Colgante.

L'accès au belvédère traverse une 'jungle' d'arbres avec des lianes, des fougères géantes, des feuilles de rhubarbes tout aussi géantes qui pourraient servir de parasol ! la forêt est très humide et nous apprécions notre ascension au belvédère dans cette ambiance ombragée.

La randonnée est agréable et ne demande pas d'effort particulier. Des points d'observation donnent sur l'océan pacifique qu'on aperçoit devant nous.

Depuis le bélvédère, le spectacle est grandiose ! Depuis la base du glacier, d'énormes cascades jaillissent et chutent sur 300 mètres pour gagner une lac chargé en sédiment qui lui donne une couleur verte.

En redescendant, agréable surprise que de croiser des amis de Montpellier avec qui nous avions beaucoup échangé sur la préparation du voyage. Bonjour à vous Franck et Sophie et les enfants http://www.tiself.com/ ! Nous allons certainement vous recroiser sur la route.

Avant de rejoindre le camping-car, nous poursuivons un petit chemin qui longe un torrent et arrivons au bord de la lagune alimentée par les eaux du glacier.

Prochaine étape : Chaiten sur le Carretera Australe