• Jo et Sylvie

La côte pacifique 2


08 février :

Même temps qu’hier matin avec la présence de cette fine bruine. La propriétaire du camping est très sympathique. Dans un espagnol ‘petit-nègre’, nous arrivons à nous faire comprendre et discutons souvent avec elle.

Avant de quitter le camping, nous faisons une sérieuse intendance. Sylvie profite de la machine à laver du camping pour faire trois lessives, de mon côté je m’occupe du nettoyage du camping-car et changement du filtre à air après les pistes faites dans la région des volcans, vient ensuite le nettoyage du bruleur de la chaudière.

Il est 15 :00 et allons encore profiter de la piscine et d’un bain de soleil avant de quitter le camping. Nous garderons un bon souvenir de ce passage. Ce n’est pas un ‘5 étoiles’ mais le camping est bien équipé avec tables ombragées, salle de repas, piscine, espace arboré.

Nous partons pour la station balnéaire de Concon.

Arrêtés à une feu rouge nous sommes salués par quelques personnes depuis la terrasse d’un café, une image type de l'accueil qui est fait en Amérique du Sud. Cette simplicité fait plaisir à voir. Nous allons nous installer en bordure de mer.

A cette heure de la journée, les places se libèrent et il est plus facile de se garer proche de l’océan. A proximité de nous se trouve un camping-car Argentin et bien sur une conversation s’engage avec beaucoup de plaisir et de rires. Mario et son épouse connaissent bien la région de Mendoza (Argentine) où nous pensons prochainement nous rendre, ils n’habitent pas très loin de là et nous conseillent de visiter un endroit méconnu des touristes et nous donnent les coordonnées d’un guide à contacter qui pourrait nous y emmener en 4*4. Cet endroit s’appelle ‘Laguna Brava’, une lagune au cœur de la cordillère des Andes située à une altitude de 5000 mètres. Le circuit en 4*4 permet d’accéder ensuite à une piste menant au cratère d’un ancien volcan appelé ‘Corona del Incas’. Nous allons réfléchir à cette aventure intéressante et peut-être modifier notre périple. Entre-temps, nous allons encore découvrir la côte pacifique en remontant un peu vers le nord avant de repasser en Argentine.

09 février :

Il fait encore très beau aujourd’hui. Le parking sur lequel nous avons dormi se remplit très vite, le tourisme bat son plein, nous sommes presque à mi-février, cela correspond à mi-août en France.

La matinée passe vite elle aussi, mise à jour du site avec une réception internet assez instable, enregistrement des vidéos sur disque externe, classement des photos, comptes bancaires. Tout ce petit et ‘grand’ travail prend du temps …

Nous partons ensuite faire des courses et réalisons qu’il est trop tard pour quitter Concon. Nous trouvons un emplacement à l’ombre dans un coin d’une rue très calme de la ville hormis bien sur la présence de chiens ‘véritables gardiens de maisons’ et partons faire une balade sur les fameuses dunes de Concon.

Nous grimpons d’une dune à l’autre, les pieds s’enfouissent dans le sable fin, peu à peu nous arrivons sur un sommet qui domine les immeubles de la station balnéaire de Concon et offre une belle vue sur le large.

Après un petit repos profitant du soleil, nous reprenons notre ascension pour la dune la plus haute où beaucoup de gens sont présents.

C’est la station de ‘sand-surf’ de Concon. Des passionnés de la glisse fartent leurs planches avant de se lancer à dévaler une longue descente de sable. On se croirait dans une station de sport d’hiver à part que le sable remplace la neige.

Certains cartons sont laissés là pouvant servir de luge. Sylvie tente une glissade mais sans grand résultat… !

10 février :

Le ciel est gris ce matin et la température est fraîche. Aucune inquiétude, nous commençons à avoir l’habitude, la brume de mer envahit le littoral le matin puis se dissipe en fin de matinée pour laisser place au soleil et qui dit soleil dit chaleur...

Nous quittons Concon et prenons la route côtière qui nous amène à un pueblo du nom d'Horcon. Par chance nous trouvons un emplacement à l’ombre pour toute la longueur du véhicule. Il nous suffit de marcher un peu mais surtout d’éviter les embouteillages de bord de mer.

Après avoir passé des petits magasins de vente d’articles de plage, un vendeur d’eau fraiche et une femme cuisant du pain, nous arrivons devant la plage. Ce bord de mer est rempli de vacanciers allongé ou assis à proximité de barques de pêche.

Alors que certains se font bronzer au milieu de barques, des pêcheurs extraient des filets des tourteaux. Un peu plus loin se trouvent des cabanes de vente de poisson. Les déchets font le bonheur de petits chats mais aussi des mouettes mais aussi bon nombre de pélicans qui ont élu pour domicile les toitures des cabanes de pêcheurs.

Nous longeons le bord de plage jusqu’à son extrémité et arrivons sur une placette, un chanteur s'accompagne de sa guitare, un peu plus loin c’est un pont entièrement coloré de bandelettes, c’est le pont des ‘souhaits’ où chacun peut y accrocher un message.

L’intérieur du pueblo donne un aperçu du village tel qu'il était avant d’être envahi par le tourisme, demeurent encore des petites maisons de pêcheurs aux façades colorées empilées les unes aux autres, une petite rue bordée de palmiers et de maisonnettes donne sur une petite église.

Nous quittons Horcon pour avancer vers le nord et arrivons à Maitencello. C’est l’après-midi et peut-être ‘tout Santiago’ doit être ici, nous longeons la côte à la recherche d’une place pour kokopelli que nous ne trouverons jamais bien sur. Nous sommes sur la côte d’azur du Chili, les voitures sont stationnées l’une derrière l’autre et les longues plages sont bondées de touristes.

Nous nous rabattons vers une large station de service Copec qui possède des aires de stationnement adaptées. Kokopelli attire une fois de plus tant les pompistes mais aussi une maman qui semble donner un bref cours de géographie à son fils. Nous ne sommes pas les seuls et bon nombre de touristes profitent de cette aire spacieuse.

Bien sur kokopelli attire plus d’un visiteur surpris de voir un véhicule avec une plaque française, les pompistes de la station Copec, une jeune maman qui montre les pays à son fils puis Fernando et Anibal n’hésitent pas à se rapprocher et nous posent des questions sur notre périple et sur le véhicule. Nous sommes invités à déjeuner avec eux…

11 février :

Nous profitons d’une bonne connexion internet pour mettre ‘enfin’ le site à jour. Nous profitons aussi pour téléphoner à la famille. Début d’après-midi, nous nous rendons au terrain de Anibal qui projette d’y construire une maison sur les hauteurs offrant un panorama exceptionnel.

Nous passons un bon moment à bavarder ‘à refaire le monde’ comme on dit, différence entre France et Chili. Anibal regrette que nous ne repassions plus par Santiago car il aurait souhaité organiser une conférence sur notre voyage suivie d’un débat avec échanges de discussions. Fin de journée, il fait encore très chaud et Fernando nous propose de nous faire une rapide visite du littoral. Nous partons pour les stations balnéaires de Cachangua et Zapallar, deux stations très prisées à cette époque de l’année avec de somptueuses maisons habitées par des artistes, docteurs ou hommes politiques. Certaines entrées sont bien gardées et les clôtures entourées de fil barbelé donnant plus l'impression d'un ghetto que d'un pavillon de bord de mer.

On se croirait sur la côte d’azur en plein été. Cette brève visite suffira à se dire que nous allons éliminer notre passage dans ces stations balnéaires dans la poursuite de notre route en camping-car. Ce n’est pas ce type de décors que nous recherchons ici.

De retour, nous mangeons une parilla en partageant du bon vin chilien et une bouteille de vin de France retrouvée dans la soute.

12 février :

Nous quittons nos amis et échangeons nos mails. Nous reprenons la route et en chemin nous nous arrêtons à un musée d’anciens véhicules.

Ce n’est pas un grand musée mais la visite est agréable, on y trouve bus, voitures des années 50 mais des véhicules encore plus anciens encore. C’est curieux de voir la présence de vieilles voitures françaises comme la 4L et la peugeot 403. La visite donne sur un salon fermé où sont amassés divers autres objets d’époque. Une chose est sure, ce musée est amené à prendre de l’ampleur dans les années futures.

Après quelques emplettes nous suivons la route du littoral jusqu’à Pichicuy, un village de bord de mer moins ‘hupé’ que les stations balnéaires parcourues récemment.

Nous garons notre camping-car à côté d’un autre camping-car, un véhicule chilien loué par un couple de français de la Somme Guy et Claudette qui voyagent aussi en Amérique du Sud. Nous sommes dans l’après-midi et Il est encore temps d’aller faire une visite de Pichicuy. Nous abandonnons nos voisins et partons marcher sur une large plage où viennent s’échouer de grosses vagues.

La concentration des touristes se fait sur la plage au pied des maisons. La puissance des vagues offre aux plus sportifs de se lancer à surfer sur les crêtes avant de plonger dans une épaisse écume. Le village est assez petit et le tour est vite fait.

Nous découvrons un sentier qui quitte l’unique route du centre et arrivons à des séchoirs d’algues. Nous voulons en savoir plus et faisons mine de nous approcher de deux personnes occupées à rassembler des algues.

Alors qu’une femme munie d’une perche ‘cueille’ des grappes d’algues ramenées par le mer, nous discutons avec un homme qui nous explique que ces algues sont dans un premier temps séchées durant trois jours et emballées pour être expédier au Japon. Ce pays est très demandeur pour les propriétés nutritives mais aussi ces algues entrent dans la composition de fabrication de cosmétiques.

Pour détacher ces grappes d’algues agrippées aux rochers, l’homme emploie une ancre liée à une corde qu’il lance au large et en ramenant son outil, il détache la souche d’algues. La mer ensuite fait le reste et ramène l’algue au bord.

13 février :

Encore une belle journée bien ensoleillée. Nous partons acheter du poisson.

En chemin nous nous arrêtons un moment au niveau d’une vieille maison à proximité de la plage, une octogénaire assis sur une chaise à l’ombre vend des beignets que son épouse confectionne à l’étage. Ils nous indiquent où trouver une bonne poissonnerie. Nous voici partis pour trouver le fameux poissonnier ‘LLolo poissoneria’.

Au magasin nous faisons l’animation car nous sommes ‘français’. Peu de voyageurs français font étape ici et nous sommes à l’honneur. Il y a du monde et de l’attente, à chaque achat le poisson acheté est vidé, nettoyé et préparé en filet. Un client qui attend son tour est tout content de nous dire qu’il aime beaucoup Charles Aznavour et Edith Piaf.

Sylvie choisit le poisson et une fois pesé, une dame prend le relais et s’occupe de nous le préparer. Nous partons avec 2 beaux morceaux de poisson ‘sin espina’ (sans épines) et saluons tout ce petit monde du magasin en disant ‘a manana’ (à demain). Nous nous sentons bien ici dans cette ambiance familiale, c’est bien ce genre d’endroit à visiter que nous recherchions sur la côte et non pas les stations balnéaires occupées par de richissimes propriétaires.

Nous partons à la plage et entre bain de soleil et amusement dans l’eau à affronter des vagues géantes qui nous fouettent et nous poussent jusqu’au rivage, nous ne voyons pas l’après-midi passer. Nous sympathisons avec une petite fille Angela de 8 ans qui n’hésite pas à nous donner la main pour se prêter au jeu à sauter à l’arrivée des grosses vagues. Par une étrange coïncidence, Angela ressemble étroitement à ma petite fille Enola. Je pars décrocher une photo dans le camping-car pour lui montrer, la comparaison est frappante.

Alors que nous nous dorons au soleil, la petite fille arrive avec sa mamie à notre niveau pour nous offrir un petit rafraichissement et deux biscuits. Nous ne nous comprenons pas vraiment mais savourons ce moment simple de bonheur partagé par des choses simples.

Vers la fin d’après-midi, nous partons faire une balade le long de la plage qui fait deux kms de long. En route, nous rencontrons des pêcheurs qui profitent de la marée montante pour lancer leurs lignes. Nous restons un long moment à regarder un pêcheur qui effectue des marches d’un côté du bord de plage puis de l’autre, le haut de sa canne à pêche est bien incliné, aurait-il accroché sa ligne ? Il avance le long de la plage et mouline de temps en temps sa canne à pêche. Quelques dix mn après, il extraie de l’eau un très gros poisson, un ‘corvina’ (similaire au cabillaud) de 8 kilos. Nous continuons notre marche jusqu’à l’extrémité de la plage et arrivons à un massif de pierres rocheuses.

Nous nous sentons bien ici dans ce village et décidons de rester encore une journée de plus.

14 février :

Je vais me répéter mais non, c’est ’encore’ l’été ici et bien sur le soleil est ‘encore’ au rendez-vous ce matin. C’est très agréable de se lever et d’ouvrir le store de kokopelli. Face à nous la plage de sable qui donne sur l’océan. Depuis le camping-car, on entend le fracas des vagues de l’océan.

Au programme aujourd’hui, nous retournons voir notre poissonnier et reprendre du poisson pour plusieurs jours à venir. Nous faisons la queue en attendant notre tour pour commander. Un homme vêtu de bottes et d’une salopette arrive tenant dans sa main un poisson d’environ un mètre. Il vient vendre sa capture au poissonnier. La pesée est faite, le poisson – un corvina – totalise 11 kgs. Le poissonnier donne en échange quelques billets et le pêcheur repart. Plus frais on ne peut pas !

Vient notre tour, le fils de la poissonnerie s’occupe de notre commande et nous partons avec 3.5 de filets de merluza et corvina, deux types de poissons fréquemment pêchés ici au pacifique.

Après un copieux déjeuner, nous partons à la plage, il y a un petit vent mais c’est agréable. Les vagues sont impressionnantes et s’enchainent l’une sur l’autre. Notre baignade se limite à rester à quelques mètres du bord de mer, fouettés par le déferlement des vagues. Nous reverrons Angela qui reviendra jouer avec nous et affronter l’arrivée des vagues. Nous échangeons quelques photos et promettons de lui en envoyer quelques unes.

Fin d’après-midi, nous regagnons le camping-car et songeons à la suite du périple. Nous sommes bien ici mais nous devons quitter le côté pacifique, traverser la Cordillère des Andes pour repasser en Argentine. Le temps avance et nous souhaitons voir encore quelques parcs avant la fin de notre premier périple….

Prochaine étape : Région de Mendoza en Argentine