• Jo et Sylvie

Mendoza


15 février :

Le ciel est gris ce matin, une brume de mer empêche le soleil de rayonner. Nous mettons de l’ordre dans le camping-car et quittons avec un petit pincement au cœur la côte pacifique.

Nous la reverrons plus dans le nord dans quelques mois lors de notre deuxième périple en longeant le Pérou et l’Equateur.

A présent, nous devons songer à repasser en Argentine. Il nous reste un mois tout juste avant de rentrer en France.

En route, nous cherchons où se ravitailler en eau. C’est l’été et la zone est déclarée zone sèche. Pour la première fois nous essuyons deux refus en station service, les quantités sont limitées nous explique-t-on. Nous continuons notre route pour Los Andes et en traversant un village, nous nous trompons de route et aboutissons à une petite place engazonnée pour y faire demi-tour.

A voir un aussi beau gazon bien vert, il doit être sans doute fréquemment, j’en déduis qu’un robinet doit se trouver à proximité.

Nous interrogeons le propriétaire d’un magasin de glaces pour connaitre l’existence d’un robinet d’eau aux alentours. Il nous invite à faire le plein chez lui. Mieux encore, afin de faciliter le remplissage, il déplace son véhicule pour que nous puissions avancer le camping-car au plus proche. Alors que nous effectuons le plein d’eau, une longue conversation s’en suit avec le propriétaire, son épouse, leur fils, mais aussi des voisins attirés par la présence de kokopelli dans ce coin retiré. La présentation du périple ressemble à un vrai cours de géographie avec de brillants étudiants à l’écoute. Il fait chaud et le propriétaire s’absente un instant pour revenir avec une glace pour chacun. Nous passons un merveilleux moment en leur compagnie et laissons un petit drapeau français en témoignage de notre passage. Un grand merci Hugo et Carmen pour nous avoir permis de se ravitailler chez vous.

Nous reprenons la route et faisons étape à Los Andes, dernière grande ville avant de passer la frontière Chili-Argentine.

16 février :

Il a fait bien chaud cette dernière nuit, le ventilateur a fonctionné toute la nuit. Aujourd’hui, un fameux col nous attend pour passer en Argentine.

Fameux et pour cause…. Si la route monte légèrement au début, très vite il s’en suit toute une série de lacets enchainant l’un sur l’autre menant au sommet à 3185 mètres d’altitude.

La route est large et très fréquentée des camions qui assurent une liaison entre Chili et Argentine. Au début on s’amuse à compter les ‘curvas’ (courbes) mais nous arrêtons très vite, Sylvie préférant contempler le paysage et ...... surveiller ma conduite, pour ma part garder un bon régime de kokopelli pour enchainer d’un virage à l’autre.

Arrivés au sommet nous quittons le Chili, un agent de douanes nous indique que tout est regroupé quelques 70 kms plus loin. Mais alors où sommes-nous en ce moment, au Chili ou en Argentine ?

Nous continuons notre descente et faisons une halte au ‘Parque Provincial Aconcagua’, assez cher d’accès mais qui permet l’accès en véhicule à un parking de guadarparque, point de départ d’une petite randonnée offrant une vue incroyable sur le mont Aconcagua, haut de 6950 mètres, le deuxième mont le plus haut après l’Himalaya.

Ce n’est pas tous les jours que nous allons pouvoir voir une montagne aussi haute ! Il est couvert d’énormes glaciers dont le plus grand possède une paroi de 300 mètres.

Nous empruntons le petit sentier qui mène jusqu’à une lagune en marchant avec difficulté non pas à cause de l’altitude mais surtout à cause de la chaleur de ce début d’après-midi. La lagune où nous arrivons est un peu asséchée à cette époque de l’année puis nous arrivons à une autre plus jolie où quelques canards profitent de l’eau, la lagune ‘los horcones’. Depuis un point d’observation, le spectacle est unique à 360 degrés, nous sommes au cœur de la Cordillère des Andes avec tout autour de nous s’élèvent des montagnes aux couleurs multiples.

De retour au camping-car nous reprenons notre descente et arrivons finalement au poste frontière. Rien à dire, la procédure est rapide, c’est le premier poste rencontré qui valide à la fois la sortie du Chili et l’entrée en Argentine. Les douaniers sont sympathiques et curieux de connaître notre périple. Notre passeport se ‘noircit’ de plus en plus de tampons…

Un contrôle des produits alimentaires est fait par l’un d’entre eux à qui nous demandons aimablement de retirer ses chaussures avant d’entrer dans le véhicule.

La ‘fouille’ est rapidement faite à tel point que nous avions oublié de retirer des carottes du bac à légumes du frigo sans que la personne ne s'en aperçoive.

Bienvenudos’ en Argentina ! Nous voici avec le TIP ( Temps d’importation temporaire) du véhicule valable 8 mois. En clair c’est le délai maximum du séjour ‘autorisé’ du véhicule dans le pays. Passé ce délai le véhicule est confisqué par les autorités douanières.

Certains voyageurs croisés dans notre périple nous ont confié être entrés en Argentine et se sont vus recevoir que 3 mois, d’autres 6 mois. Bien que la législation mentionne ‘8 mois pour les véhicules étrangers hors Mercosur’, il semblerait que le délai soit mis à l’appréciation du douanier du moment et varie d’un poste frontière à l’autre….

Nous voilà rassurés avec nos 8 mois, ce qui amène la date de sortie de kokopelli au 19 octobre prochain. Nous pourrons rentrer en France comme convenu et revenir avant ce délai pour notre deuxième périple

Nous amorçons la descente et faisons une halte à un tout petit pueblo composé de vieilles maisons ouvertes orientés aujourd’hui à l’artisanat. Nous laissons kokopelli et partons visiter une formation géologique d’une cinquantaine de mètres construite au fil des millénaires par l’accumulation de fer et soufre contenus dans l’eau du rio qui passe ici.

Cette formation porte le nom ‘Puente del Inca’, nous sommes sur la route de communication de l’empire Inca qui s’étendait à cette vallée. En contrebas de cet amas de fer et de soufre, nous apercevons les ruines d’une ancienne station thermale de luxe construite en 1925 et détruite par une avalanche quarante ans plus tard.

Nous croisons un jeune couple qui rentre de vacances avec une curieuse caravane. Nous passons un petit moment à discuter. Ils sont de San Juan et espèrent nous retrouver lorsque nous passerons dans cette ville. Nous échangeons nos numéros de téléphone.

La route qui nous amène à Uppsalata, prochaine ville côté Argentin est superbe. Les montagnes sont pleines de couleurs avec des formes majestueuses. Certaines façades commencent à passer dans l’ombre avec l’inclinaison du soleil.

En arrivant à Uppsalata, notre premier souci est de trouver du gaz. Pour la première fois, nous tombons en panne de gaz. Nous sommes équipés d’une bouteille argentine avec un adaptateur et d’une bouteille de ‘secours’ française. Depuis notre séjour au Chili, nous avons épuisé les deux !

Nous trouvons un revendeur qui nous change notre bouteille de gaz argentine de 10 kgs pour 300 pesos soit moins de 10 €. Nous partons ensuite faire quelques emplettes pour regarnir le frigo en passant par l’office du tourisme pour connaître les activités du coin.

17 février :

Nous partons visiter le ‘Cerro des Siete Colores’ recommandé par l’office de tourisme. Le guide touristique n’en parle pas et c’est bien dommage car cette visite offre de très jolis décors sur des formations rocheuses et mérite le détour en passant par Uppsalata.

Le parc est accessible depuis la sortie de la ville et bien sur la route asphaltée s’arrête pour devenir une piste de terre…. Bonjour la poussière, kokopelli que nous avions réussi à garder blanc depuis quelques semaines se recouvre très vite d’une fine pellicule de couleur marron !

Pour prendre une photo en route, nous nous arrêtons et attendons un instant jusqu’à ce que la poussière soulevée tombe et s’atténue.

La piste sinue entre petites montagnes et après 10 kms nous arrivons à un parking au pied du Cerro (montagne). Nous voici face à une formation rocheuse de différentes couleurs. Les ‘Siete colores’ nous les comptons toutes, les roches passent par le violet, l’ocre, le marron, le vert, le blanc, le beige, le jaune. C’est merveilleux !

Nous cherchons un moyen d’accéder au sommet. Sylvie abandonne vite car l’accès est un peu périlleux et demande de s’aider des mains pour escalader. Elle me rejoint en empruntant un sentier qui contourne le massif. Depuis le sommet nous apercevons la montagne Aconcagua tout blanc avec ses 6950 m.

De retour au camping-car, nous continuons plus en avant sur la piste, visitant un slot, un espace rocheux formé par les pluies diluviennes qui peuvent sévir ici à la fin de l’hiver.

Plus loin, nous apercevons une habitation en ruine à proximité d’une ancienne mine abandonnée, la mine La Mendocina.

C’est la fin de l’après-midi et nous reprenons le chemin du retour pour Uppsalata. En chemin nous nous arrêtons pour se rendre au pied d’une montagne entièrement verte. L’ensoleillement du moment est idéal pour mieux en apprécier sa couleur comme les montagnes environnantes.

Nous avons été enchantés par cette excursion sans avoir vu le temps passer….

18 février :

C’est un ciel bleu bien dégagé ce matin. Il Fait beau et déjà chaud. Après quelques emplettes, nous partons visiter le musée d’un ancien four de fonte de minerais ‘Las Heras’ situé à quelques kms de Uppsalata.

La construction date de 1790 et possédait un moulin hydraulique amenant l’eau permettant de laver et séparer les minéraux extraient des mines environnantes. La fusion s’opérait dans des fours situés à l’intérieur d’une chambre en forme de cône afin d’éviter l’accumulation de le neige en hiver. Des lingots étaient fabriqués en convoyés à dos de mules.

Après cette visite, nous faisons une brève halte devant l'office de tourisme d'Upsalata afin de récupérer mails et obtenir des informations pour la suite du périple. Ce n'est pas une famille, ni deux mais trois qui intriguées par kokopelli s'arrêtent à notre niveau et une grande discussion d'une bonne demi-heure s'en suit. Parmi eux certains ont une adoration pour la France et comptent bien suivre notre 'exemple' une fois leurs enfants grands.

Après ce très sympathique moment nous partons revisiter le col emprunté deux jours auparavant lorsque nous étions arrivés du Chili.

C’est au minimum une vingtaine d’arrêts que nous allons faire pour apprécier le somptueux paysage. Nous approchons le Rio Mendoza de couleur rouge brique chargé de minéraux des monts qui nous entourent.

On ramasse les plus belles pierres pour les laisser dans leur milieu ensuite.

En chemin, nous remarquons la présence d’une ancienne voie ferrée en partie couverte par endroits avec les éboulis des versants de montagne. Nous arrivons à un pueblo Polvaderras et déjeunons à côté d’un petit espace engazonné alimenté en permanence par une petite rivière.

C’est une opportunité et nous profitons de cette eau pour donner une petite beauté à kokopelli.

De retour à Uppsalata alors que nous consultons nos mails à proximité de l’office de tourisme, voilà que deux camping-car français arrivent et stationnent à côté de nous. Ceux sont les retrouvailles avec nos amis ‘Les Tiselfs’ que nous n’avions plus vus depuis 3 semaines,et "Laetitia et Franck". Après un long moment de plaisir et d’échanges sur les itinéraires de chacun, nous quittons nos amis pour se rendre dans un camping.

19 février :

Nous reprenons la route qui longe le Rio Mendoza.

En route nous nous arrêtons devant un amas de bouteilles plastiques, un camion aurait-il perdu son chargement ? Non c'est très fréquent de rencontrer en bordure de route de petits autels improvisés, jonchés de bouteilles en plastique remplies d’eau.

Ces bouteilles sont autant d’hommages rendus Difunta Correa (la Défunte Correa), afin d’étancher sa soif. A bout de force et assoiffée, elle s’écroula. Dans un dernier élan de vie, elle offrit sa poitrine au nourrisson, qui lui survécut.

Légende, mythe ou réalité ou simplement une pollution sauvage....

Peu à peu cette rivière de couleur rouge se transforme en torrent. Les montagnes apparaissent moins hautes. Nous croisons en chemin des gares de train abandonnées donnat des villages fantômes. Nous arrivons à une large vallée donnant sur une lac et un petit village Potrerillos. Le bleu remplace la couleur rouge du Rio Mendoza. L'eau y est fraiche et le bord déchiré du lac offre de beaux paysages. Nous établissons notre bivouac face au lac, le coin est tranquille et reposant.

20 - 21 - 22 - 23 février :

Nous arrivons à Mendoza. Mendoza est 'La capitale de la région vinicole de l'Argentine' avec son Malbec, cépage de Cahors largement cultivé en Argentine.

Il fait chaud, très chaud même et nous allons nous installer dans un camping ombragé par des eucalyptus et des palmiers. Il y a peu de monde, la fin des vacances des Argentins est proche. Nous bénéficions d'une tonnelle en paille pour déjeuner à l'ombre et d'une large piscine, de quoi nous rafraichir avec les 40°C.

Prochaine étape : Villa Union