• Jo et Sylvie

Découverte de la Laguna Blanca


12 août :

Après l’intendance du camping-car, nous prenons la route depuis Fiambala pour Tinogasta, à travers la ‘ruta 60’ afin de rejoindre ensuite la ‘ruta 40’ et continuer vers le nord de l’Amérique du Sud.

Cette grande vallée qui relie les deux villes n’est pas sans intérêt.

A quelques kilomètres de Fiambala, nous nous arrêtons en bordure de route et partons à pieds sur un chemin qui mène à ‘Watungasta’.

‘Watungasta’ date de la période de l’occupation des Incas de 1471 à 1536. Ce site fut réutilisé après l’invasion espagnole. Cette construction était faite en adobe, mélange d’argile et paille.

Un peu plus loin nous nous arrêtons Anillaco pour visiter la ‘Capilla de Nuestra Senora del Rosario’. Cette petite église fut construite en 1712. C’est l’église la plus ancienne de la province de Catamarca. A proximité de l’église se trouve une grande construction faite aussi d’adobe. C’était le siège du village dont l’activité s’intéressait beaucoup à l’agriculture. Ces maisons d’adobe et ces palmiers qui se dressent à côté rappellent un peu la merveilleuse vallée du Drà au Maroc.

Nous voici à ‘La Falda’ avec son originale église, un peu plus ‘classique’ avec 2 tours. A la suite d’un séisme, cette église fut en partie détruite puis reconstruite en adobe à l’identique qu’elle était auparavant.

Pour finir, nous ferons un petit détour de la route principale pour aller voir ‘La Puesto’, un pueblito avec une toute petite ‘capilla’. A proximité se trouve un magasin de produits régionaux.

Autant dire que nous en ressortons avec de bons petits produits tels que noix à 2.5 € le kilo et d’excellents vins de production locale.

Il nous arrive souvent de s'arrêter pour contempler des ruines de maison en adobe mais aussi pour gouter aux patisseries locales ou encore admirer le travail de l'artisanat comme le tissage.

Nous arrivons enfin à Tinogosta et poursuivons la ‘ruta 40’ en direction du nord avec une halte ‘bivouac’ au parking de ‘El Shincal de Quimivil’.

13 août :

Le site ‘El Shincal de Quimivil’ est un des sites archéologiques les plus importants d’Argentine situé dans la ville de Londres, province de Catamarca.

Pour l’histoire, la population Diaguita était installée dans les gorges voisines de Londres. Les Incas sont entrés sur le territoire argentin en 1470. Les Diaguita sont alors rapidement dominées et intégrées au système Inca. Par la suite les conquérants espagnols prendront possession du site.

Alors que nous attendons notre tour de visite pour 10 :30, nous apercevons deux bus scolaires venus de la ville voisine de Belen. Attirés par kokopelli et notre présence, nous ferons la ‘une’ pour pose de photos à la demande de ces petits collégiens.

La visite se fait en groupe avec un guide lequel relève notre difficulté à comprendre les commentaires en espagnol. Souvent il arrivera qu’elle nous prenne à part pour mieux nous présenter les différents sites parcourus..

Au cours de la visite nous visitons :

Mortars : Préparation des farines de maïs, de pommes de terre, de céréales.

Kallankas : le secteur central était destiné à de grands bâtiments administratifs.

Collcas : enceintes circulaires utilisées pour le stockage des denrées.

Aukaipata : place publique centrale.

Ushnu : plate-forme cérémonielle, est la plus grande connue à ce jour, du lac Titicaca au sud.

Le site ‘El Shincal de Quimivil’ dispose de deux collines accessibles par un escalier de pierre donnant sur la colline de la lune et celle du soleil. Ils vivaient ainsi en harmonie avec la terre et le ciel.

A la fin de la visite nous dégustons un 'locro', plat typique de la région composé de maïs, d'haricots blancs, de courge,et de viande. Sylvie en profite pour demander la recette au 'cuisto'.

Nous retrouvons ensuite les groupes scolaires et discutons avec les institutrices et à nouveau de nouvelles poses photos s’en suivent. Nous sommes devenus l’espace d’un instant de véritables ‘acteurs’ mais dans la réalité les vrais acteurs sont ces enfants au sourire magique, curieux de nous voir avec un camping-car venant de si loin…

Nous ne pouvions pas se séparer d’eux comme çà et le rendez-vous de se revoir est pris pour le lendemain à l’école pour partager notre voyage avec eux.

Nous quittons le parc en passant par le musée qui retrace la présence inca dans cette région.

En reprenant la en route nous sommes ‘amusés’ par le panneau indicateur de la petite ville de ‘Londres’. Nous serions-nous trompés de route ??...

14 août :

Les récentes élections présidentielles du pays font que le cours du peso argentin dévalue fortement. 1 euro vaut 64 pesos. Il est plus que temps de changer de l’argent.

Nous passons à la Banca de la Nacion, prenons un ticket de passage et attendons notre tour en discutant avec des locaux sur la crise qui frappe une fois de plus le pays.La police veille à l'entrée et à l'intérieur de la banque car il y a toujours beaucoup de monde et cela permet de maintenir l'ordre. Malgré le ticket, les personnes âgées, handicapées et jeunes mamans sont prioritaires, ce qui fait que l'attente s'allonge. Au bout de 40 minutes d'attente, nous nous adressons à la policière qui nous fait passer de suite, car nous lui avons parlé de notre rendez vous dans leur école dont l'heure approchait.

Il est 11 :00, alors que nous nous garons devant la cour de l’école, des enfants du collège accourent pour nous accueillir, contents de nous revoir.

Nous faisons la connaissance de Mercédès, la directrice de l’établissement qui nous accueille à bras ouvert, nous présente l’intendant et retrouvons les institutrices croisées la veille. Nous nous rendons dans le gymnase où sont regroupés les élèves.

Dans une organisation minutée, les institutrices mettent en place des cartes géographiques, d’autres dressent un écran de projection tandis qu’une dernière personne met en place un rétroprojecteur. Muni d’un micro, la directrice prend la parole puis c’est au tour de l’intendant. En m’appliquant du mieux possible je prends alors la parole et présente alors notre projet depuis la traversée en bateau pour arriver jusqu’en Amérique du Sud suivi du périple effectué. Il s’en découle un débat de questions/réponses et les élèves sont très attentifs à cette présentation. Pour illustrer le voyage en image, nous projetons un diaporama de photos sélectionnées.

Les élèves sont particulièrement attirés par les photos animalières des baleines, des lions de mer comme des pingouins que nous avions pu rencontrer durant la première partie de notre voyage.

Il est temps pour ces élèves d’aller déjeuner et nous de reprendre notre route. Après des au-revoir sans compter de nouvelles prises de ‘selfie’, nous quittons l’école promettant qu’à notre retour en France d’envoyer une carte postale de la ‘Tour Eiffel’.

En longeant le couloir de sortie, nous passons devant une classe qui s’apprête à déjeuner. Nous faisons une brève intrusion dans la classe, nous avons le sentiment d’être dans les années 50, les bancs scolaires sont vétustes et le déjeuner est pris sur le coin du bureau. Bonne appétit et bonne continuation à tous ces enfants attachants.

Merci Tamara et Milli, institutrices de l'école qui nous ont aidé à mettre en place cette présentation et merci pour l'envoi des photos.

Sur le conseil de deux institutrices, des lagunes ‘à ne pas manquer de visiter’ se trouvent sur notre route allant vers le nord. Cela suppose une légère déviation mais qui mérite selon elles le détour.

Nous repérons cette indication sur la carte et roulons dans sa direction pour arriver à ‘Villa Vil’, petit village andin situé à 2200 m d’altitude et faisons une halte à l’office de tourisme. Nous recueillons plus d’informations sur les lagunes à visiter.

Nous apprenons que l’accès est accessible depuis une piste en ripio mais praticable avec notre véhicule. Il est trop tard pour se rendre sur place et établissons notre bivouac à côté de l’office en admirant l'arrivée d'une pleine lune.

15 août :

Nous nous levons tôt et organisons notre départ pour se rendre aux deux lagunes : ’la laguna Escondida’ et la’ laguna Blanca’. La route asphaltée devient très vite une piste poussiéreuse. Pour les photos, nous stoppons le véhicule et attendant que le nuage se dissipe avant d’ouvrir les fenêtres ou de descendre du véhicule. La piste traverse de larges vallées entourées de montagnes dont les contours sculptés rappellent étrangement celles des parcs nationaux Américains.

Dans ces vastes pâtures presque asséchées, nous croisons en chemin des troupeaux de chèvres, des vaches, des ânes et des chevaux.

Nous rencontrons aussi quelques habitations sommaires. C’est devant l’une d’elles que nous nous arrêtons pour demander la direction de la lagune ‘escondida’. Le propriétaire de la lagune est contacté et il devrait arriver d’un moment à l’autre pour nous faire la visite car c’est une lagune ‘privada’ (privée).

En attendant nous discutons avec Anita qui file de la laine de mouton et confectionne des tapis. Nous profitons de notre présence dans cette ferme pour acheter des œufs et du quinoa cultivé ici.

Arrive enfin en moto Elmer Flores, le propriétaire de la lagune qui nous demande de le suivre. L’entrée de la lagune est proche, nous abandonnons kokopelli et partons à pieds avec notre guide jusqu’à la lagune. Le contact est agréable et parlons en chemin de tout et de rien. La lagune n’est pas si grande mais réunit quelques oiseaux, canards et flamands roses. Le décor quant à lui est reposant, il n’y a pas de bruit.

De retour au véhicule, nous remercions Elmer pour sa disponibilité et reprenons la piste en direction de la ‘Laguna Blanca’, notre prochaine étape.

Nous traversons un petit village andin appelé ‘Barranca Larga’ et apprenons qu’une fête aura lieu dans deux jours. Cela coïncidera avec notre retour...

Curieusement, le piste redevient asphaltée. Nous ne comprenons pas cette façon de réaliser les routes, parfois certains tronçons sont asphaltés et d’autres laissés en piste. Nous sinuons dans un décor de Far-West et passons devant d’immenses dunes de sable en altitude. Les montagnes sont désertiques et 'immensément' belles. Nous nous arrêtons pour déjeuner à proximité d’une toute petite lagune où sont regroupées des vigognes. Méfiantes devant notre présence, elles s’éloignent puis reviennent pour s’abreuver. Notre présence ne semble plus les perturber.

Nous quittons la route asphaltée en direction de la ‘laguna blanca’. Nous voici avec 18 kms de piste et roulons à une moyenne de 20 km/h. Il y a très peu de circulation sur cette piste et au croisement d’un véhicule, il n’est pas rare de s’arrêter à la hauteur pour se saluer.

Au bout d’une heure, nous arrivons devant un véritable tableau de peinture, récompense de notre ‘persévérance’. Les chaînes de montagnes qui entourent la lagune possèdent des mélanges de couleur qu’il serait difficile de reproduire avec un pinceau un tableau à l’identique. La lagune est accessible par un sentier, elle est à son niveau le plus bas à cette période de l’année Nous marchons sur une tourbe dure et nos pas crissent sur le sol composé de sel résultant de l’évaporation de l’eau. Nous tentons d’approcher en silence la partie centrale où sont réunis des flamands roses et canards. Notre lointaine distance les place en alerte et dans un envol ils changeront de place. Le spectacle de la nature qui nous entoure est unique, grandiose, à l’état pur. Nous sommes émerveillés par toute cette beauté.

Le soir approche, nous allons établir notre bivouac dans un tout petit village andin de cette région. Les gens paraissent plus distants, peut-être par pudeur ou peut-être aussi parce qu’il y a moins de touristes qui viennent jusqu’au fond de cette vallée formant un cul de sac.

16 août :

Nous sommes étonnés de la température extérieure à notre réveil. Nous sommes à 3500 mètres d’altitude et il ne fait pas froid, l'oxygène manque un peu et cela nous coupe un peu la respiration.

Avant de quitter ce ‘pueblito’ de 300 habitants, nous passons par une maison qui réalise de l’artisanat, notamment du tissage à partir de laine de vigognes, de moutons ou de lamas.

Une personne nous accueille et nous fait visiter la pièce équipée des métiers à tisser puis nous poursuivons notre visite dans une pièce où sont exposés les réalisations.

De manière à contribuer au développement de leur activité, Sylvie achète une écharpe faite en poil de lama.

Curieux d’en savoir plus sur l’activité de ce village, nous discutons un bon moment. Nous apprenons que l’électricité y est présente que depuis 25 ans et qu’elle fonctionne de 19 :00 à 23 :00, des panneaux solaires sont mis en place pour assurer le relai. La personne nous explique aussi qu’il arrive qu’en période très froide, le village est privé d’eau. Les conditions sont rudes mais les gens s’y plaisent à y vivre.

Nous reprenons la route en appréciant tout autant notre chemin du retour malgré le 'ripio'... Il nous arrive souvent de s’arrêter pour prendre des photos ou tout simplement apprécier la splendeur des paysages et même s'amuser à dévaler les grandes dunes de sable.

Nous voici de retour à ‘Barranca Larga’ ....

Rapide arrêt à un magasin..... tellement rapide que Sylvie est servie par la fenêtre :-))...

La préparation de la fête folklorique se précise de plus en plus. Un chapiteau de danse est mis en place, non loin de là un grand fagot de bois est prêt pour démarrer un ‘assado’, traditionnel barbecue argentin.

Dans une salle proche du musée, nous rencontrons un groupe de personnes occupées à confectionner des petits pots de produits naturels qu’elles mettront en vente durant la fête. La véritable recette transmise de génération en génération ne nous sera pas communiquée mais nous apprenons que la composition est faite à partir de cire d’abeille et d’une plante locale appelée ‘Jarilla’. Cette mixture apporte des propriétés apaisantes contre les douleurs articulaires. Cela tombe bien avec mon mal de dos qui persiste encore un peu, nous nous promettons d’en acheter.

Nous nous installons pour la nuit à proximité du musée. Nous nous sentons presque comme chez nous, nous sommes devenus familiers avec les locaux.

17 août :

Il fait beau, le ciel est bien dégagé et prend curieusement des teintes assez extraordinaires .....

Nous nous baladons dans l'aire de la fiesta qui se met doucement en place. D'un côté, des hommes s'occupent de cuire de la viande sur de la braise. Sous une petite tente de fortune, des femmes sont regroupées et réalisent des empanadas.

Nous échangeons quelques mots avec 'Sara', une femme de 81 ans qui vit depuis 2 ans dans son camping-car américain.

Sous le chapiteau un animateur organise des jeux pour les enfants du village et nous participons à une activité. C'est le début de l'après-midi et constatons que la 'fiesta' sera plus pour le soir. Nous décidons de quitter tout ce monde pour continuer la piste et arriver à Villa Vil.

Notre position :

Message : Bonjour aux personnes de la salle 13 du foyer de Gardanne

Prochaine étape : Ruinas de Quilmes