• Jo et Sylvie

Tilcara, Humahuaca


30 août :

Nous quittons Salta pour continuer notre périple vers le nord. Nous nous rapprochons peu à peu de la Bolivie qui se trouve à moins de 200 kms.

Alors que nous longeons la Cordillère des Andes à une altitude moins élevée, la végétation change, nous voici dans les 'Yungas', larges vallées forestières situées à une altitude plus basse formant des forêts sub-tropicales.

Des plantes exotiques poussent sur les arbres, des lianes descendent d'une branche, une jungle dense et verdoyante couvre les bords d’une route très étroite. Nous sommes surpris de rencontrer de tels décors dans cette région alors qu’il y a peu de pluie.

En route, un panneau nous indique que nous quittons la province de Salta pour entrer dans la province de 'Jujuy' (qui se dit 'rouroui' en espagnol).

Nous commençons à réaliser que nous sommes dans la dernière province Argentine de notre périple.

Dans quelques temps, nous quitterons ce pays définitivement en tournant une page de notre voyage.

En sortant de cette interminable route faite d’innombrables lacets nous arrivons devant un vaste lac assez étendu appelé ‘Dique La Cienaga’.

Plus loin nous faisons une étape dans un 'pueblo' affichant un office de tourisme. Malheureusement, nous recevons très peu d’informations et pour obtenir une carte détaillée de la région, nous devons nous contenter de photographier l’unique exemplaire.

En retournant au camping-car, nous passons devant une ancienne gare de train convertie en galerie artisanale. A l’intérieur se trouvent de nombreux stands de produits locaux en tout genre mais plus particulièrement des vêtements tissés ou tricotés à base de laine de lama.

Cela peut aller d’une simple écharpe en passant par un pull, des socquettes, des gants, des bonnets. Des personnes occupent leur temps à tricoter en attendant le client. Le travail réalisé à la main est soigné et très joli.

Sylvie est intéressée par certains articles et nous sympathisons avec la vendeuse Karen qui inspire la ‘joie de vivre’.

Nous passons un bon moment à discuter avec elle et à rire au sujet de certains articles mis en vente. Depuis quelques temps, nous rencontrons souvent dans les magasins de souvenir de la région, la vente de boules de laines réunies de différente couleur. La vendeuse Karen nous explique que c’est un sujet ‘porte chance’.

Cela nous fait bien rire et la discussion ‘dégènère’ un peu lorsque je m’exclame que j’en ai trouvé ‘deux en couleurs’….

Ayant parlé de notre périple visant des sommets en haute altitude, la vendeuse nous vend pour quelques pesos des feuilles de coca.

Elle explique comment amasser ces feuilles entre la joue et les dents. La salive en contact va agir sur le sang et permettre un meilleur flux à haute altitude.

'Sylvie, tu veux essayer.... non toi... ' Me voici avec une boule de feuilles dans la bouche !

Après avoir testé quelques feuilles, disons que le goût n’est pas ‘catastrophique’, un peu comme un 'vieux' thé, de plus cela l’impression d’une partie de la bouche anesthésiée.

Pendant que Sylvie termine des achats, je profite de visiter le local annexe à cette ancienne gare. Il y a beaucoup d’appareils à tisser avec des travaux en cours et à côté des monticules de différentes laines de vigogne et de lamas.

Nous immortalisons ces bons moments passés avec la vendeuse avec quelques photos et reprenons la route.

Nous arrivons à Tilcara et trouvons un bon emplacement sur le parking à côté de l’office de tourisme. Ce bourg totalisant à peine 3000 habitant en lui-même n’a rien d’exceptionnel mais le cadre est superbe. Il dispose d’un site archéologique qui culmine le village : ‘Pucara de Tilcara’.

31 août :

Après une bonne nuit de sommeil, nous abandonnons kokopelli pour se rendre à pieds, visiter ce fameux site archéologique. Il s’agit d’un village vieux de 800 ans fortifié situé sur les hauteurs, un site archéologique majeur du Nord Ouest Argentin découvert en 1903.

Ce site était occupé au XII° siècle par les 'tilcaras'. Sous la domination Inca au XV° siècle, ce site prit de l'ampleur jusqu'à couvrir 18 hectares. Le site fut abandonné suite à l'invasion hispanique au XVI° siècle.

Nous traversons le village à travers des rues étroites avec des maisons pas terminées pour beaucoup d'entre elles. L'économie instable du pays ne permet pas toujours de terminer certains projets.

La visite débute par un secteur d’habitations composé de maisons basses, exiguës au milieu de cactus gigantesques pour certains. La charpente des maisons était faite de cactus et le toit d’herbes et terre argileuse formant une boue qui assurait l’étanchéité.

Un peu plus haut en poursuivant la visite, on trouve un temple avec un autel, lieu de cérémonies, témoignage de l’occupation Inca à la fin du XV° siècle.

Au sommet de cette cité fortifiée, se dresse un monument dédié aux deux archéologues qui ont consacré leur vie à l’étude de ce site. Certaines zones restent encore inexplorées et referment sans doute bien des secrets de l’ère Inca.

Avant de terminer notre visite, nous passons par un ‘jardin botanique d’altitude’. La visite se limite à voir quelques cactus avec le nom latin. Sans grand intérêt ! Bon nous garderons un souvenir de cette petite visite du jardin botanique. Alors que je me suis approché d'un lama, voilà qu'il me crache dessus. 'Hé dis on vient te rendre visite et c'est comme çà que tu nous salues'.... rires !

Nous revenons au camping-car en traversant le village de Tilcara, les rues sont passablement entretenues, les façades de maisons sont pour la plupart faites en adobe. Quelques graffitis sont là pour égayer ces ruelles.

Dans l’après-midi nous partons pour Humahuaca, situé à une vingtaine de kilomètres plus au nord. C’est ‘La’ ville touristique du Nord Ouest Argentin en en croire les livres touristiques mais aussi le nombre de bus que nous croisons sur leur chemin du retour au fur et à mesure que nous nous rapprochons de Humahuaca. Nous préférons aller dans un camping séparé du centre touristique par un pont.

01 septembre :

Après une nuit à 3050 m d’altitude, nous nous trouvons en pleine forme et partons à la découverte de cette ‘fameuse’ ville touristique.

Nous passons par un marché où des locaux vendent leur produits. Nous repasserons par là avant de rentrer afin de ne pas être chargés.

Les ruelles du quartier historique sont étroites et faites en pavés, les maisons sont basses. De nombreuses boutiques de souvenirs aux mille couleurs étalent leurs produits. Se balader dans ces ruelles est très agréable. Les personnes âgées portent des tenues qui se rapprochent du pays voisin qu'est la Bolivie.

Nous arrivons sur la place où se trouve d’un côté l’église et de l’autre, l’hôtel de ville. Cet hôtel de ville est rendu célèbre depuis 1940 par sa tour d’horloge.

Tous les jours à midi, un petit extrait d’Ave Maria retentit, les volets d’une fenêtre faite en demi-cercle s’ouvrent et laisse apparaitre un automate représentant un missionnaire du XVI° siècle qui donne la bénédiction dans ses mouvements de bras. Il se retire et la fenêtre se referme.

Visite de l'église qui se trouve sur la même place avec une nette influence espagnole.

Cette petite scène religieuse attire bon nombre de visiteurs sur la placette. Il fait beau, chaud même et nous n’hésitons pas à savourer un bon verre de fraises dans leur jus avec une bonne crème.

Nous continuons notre visite sur un point culminant qui nous amène au monument des héros de l’indépendance.

Nous rejoignons le cœur du village pour flâner dans des magasins de souvenirs et faire les emplettes sans oublier d’acheter un bon morceau de viande, nous sommes dimanche, ne l’oublions-pas et le dimanche c’est ‘assado’ !

De retour au camping, nous sympathisons avec des argentins qui comme nous font un barbecue. Nous profitons de leur braise pour cuire notre morceau de viande que nous dégustons avec délice.

Histoire de digérer ce copieux repas, nous partons faire une balade en empruntant un sentier appelé ‘Penas Blanca’. Ce sentier n'a rien de spectaculaire sinon que d'offrir depuis une hauteur une vue panoramique sur le village de Humahuaca.

Il est bientôt 18 :00, nous sommes à 3050 m, il commence à faire très froid et regagnons notre ‘nid’.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Serrania de Hornocal (montagne aux 14 couleurs)