• Jo et Sylvie

Route pour Sucre


07 septembre :

La météo n’étant pas toujours au beau fixe avec ce ciel ‘laiteux’. De plus nous apprenons que des manifestations ont lieu à la sortie du Salar de Uyuni. Les locaux bloquent les routes rendant difficile voire impossible les retours des excursions.

Nous quittons donc Tupiza pour prendre la direction de la ville de Sucre située plus au nord. Nous reviendrons sur Tupiza d’ici une dizaine de jours espérant une météo plus favorable et un apaisement des mouvements de grève.

Pourquoi Sucre ? (qui se prononce ‘Soucré’)

Tous les guides touristiques en parlent, Sucre, située à 2800 m d’altitude est annoncée comme la plus belle ville de Bolivie.

La route qui part de Tupiza est agréable et en bon état, nous rencontrons beaucoup de fermes isoléesen costume local. Nous montons très vite à une altitude de 3300 mètres. Nous nous arrêtons souvent pour contempler le paysage comme les moutons et vaches.

Nous faisons étape dans le pueblo de Tumisla .

08 septembre :

Le ciel est toujours chargé et gris. Nous ne regrettons pas d’avoir quitté Tupiza en se disant que ce n’est que ‘partie remise’…. Depuis le début de notre second périple, c’est la première fois que nous avons des petites averses orageuses.

Pour rejoindre l’axe routier Potosi-Sucre, nous passons par une route de montagne assez sinueuse.

En chemin nous faisons une brève étape à Santa Rosa Belen où nous apercevons les ruines d’une ancienne mission jésuite avec son clocher caractéristique en partie détruite après l'expulsion des Jésuites en 1767.

Plus tard dans l’après-midi nous nous arrêtons à Chiqua Banos. Il y a là une source d’eau chaude pouvant atteindre les 40°C.

Le village dispose de plusieurs piscines qui font la joie des locaux venus ici passer la journée du dimanche.

Autre point avantageux de cette source d’eau chaude, c’est de voir d’autres locaux ayant parcouru pas moins de 30 kms pour utiliser des lavoirs et faire la lessive du linge avec cette source d'eau chaude.

Le linge une fois lavé est étendu sur une corde ou sèche sur des petits buissons.

Nous entamons la conversation avec une personne qui nous explique qu’un œuf pourrait être dur en le laissant sous l’eau pendant 30 mn. Il nous explique aussi qu’un peu plus bas, les habitants n’hésitent pas à se servir de cette source d’eau chaude pour déplumer des poulets.

Le long de l'axe principal de cette petite station, des marchands ambulants préparent des plats à base de lamas et papas (pommes de terre).

Nous aurions aimé profiter de cette eau à 40° pour y faire trempette mais nous remarquons un certain manque d’hygiène, l’eau sort du sol toute propre et sans doute richement chargée en minéraux, mais employée pour la lessive comme pour la vaisselle des petits restaurants ambulants, cela ne donne guère envie d’y prendre un bain et il y a un monde fou ce dimanche.

Nous pensions faire bivouac ici mais préférons reprendre la route. Nous nous arrêtons à côté d’un terrain de sport d’une école d’un petit pueblo appelé 'Rodero'.

Je m’adresse à une personne âgée pour savoir si nous ne dérangeons pas à stationner là. La personne me fait répéter puis encore une fois jusqu’à ce que son épouse sorte et avec des signes semble me faire comprendre que son mari est sourd, tiens donc ! moi qui croyait mal m'exprimer en 'espagnol' !

Il fait un orage assez violent ce soir avec une tempête de vent qui balance kokopelli, ‘une bonne nuit s’annonce’ ;-)

09 septembre :

Oui le vent a bien soufflé une grande partie de la nuit mais nous avons rattrapé notre sommeil sur le matin.

Au lever nous retrouvons un beau ciel bien lumineux et sommes contents de retrouver le soleil à cette altitude de 3020 mètres.

Alors que nous sommes en train de déjeuner, nous apercevons des enfants qui arrivent à l’école, certains sont en petits groupes, d’autres accompagnés par leur maman.

Beaucoup nous saluent au passage. Curieux de notre présence, ils se rapprochent timidement de kokopelli. Nous ouvrons le carreau et leur demandons de s'approcher pour quelques bonbons qu'ils s'empressent de prendre.

Avant de partir, l’idée nous vient d’aller voir comment fonctionne cette petite école perdue au milieu de nulle part. Nous entrons discrètement et sympathisons avec une institutrice qui interrompt son cours. Nous passons dans une autre classe et constatons qu'à notre entrée, tous ces bambins nous saluent en disant deux fois à voix haute ‘buenos dia’. Il n’y a pas de maîtresse dans cette classe. Les enfants sont seuls et discutent entre eux. Nous commençons à échanger et je me rapproche du tableau pour expliquer notre périple.

Les élèves sont attentifs et participent à l’exposé. La maîtresse et une maman en tenue traditionnelle arrivent par le fond de la classe et écoutent aussi avec curiosité la présentation qui est faite.

Nous laissons tous ces enfants pour retourner à kokopelli et reprendre la route en direction de Sucre.

Nous entrons dans la ville et essayons d’arriver à destination, chose pas évidente, parfois les rues sont étroites ou alors en travaux, notre application maps.me a du mal à s’y retrouver pour nous guider.

A un moment nous nous sommes fait une bonne frayeur, au tournant d’un coin de rue, la route est devenue une côte sur 400 mètres de l’ordre de 50-60%. Surpris par cette montée à laquelle nous ne nous attendions pas, nous voici dans l'impossibilité d'aller plus en avant, nous manquons de régime. Je tente de reprendre en première mais kokopelli ne veut rien savoir.

Sylvie panique, ferme les yeux et se lance dans des 'je vous salue Marie...'. De mon côté je place les feux de détresse afin de descendre les quelques mètres franchis.

Les véhicules de derrière comprennent notre problème et patientent durant la manoeuvre. Je recule pour repartir dans une autre direction.

Un véhicule stoppe à notre niveau et nous indique une autre issue pour éviter cette fameuse côte.

Après bien des frayeurs, nous arrivons enfin à notre destination, un camping tenu par Alberto. Après plusieurs manœuvres, nous arrivons à stationner kokopelli dans cette enceinte où sont présents déjà 4 autres camping-car.

Nous voici enfin à Sucre après pas mal d’émotions. Ce camping est un jardin privé qui peut accueillir jusqu’à 5 camping-car. Nous sommes les seuls français. Le site est très propre et ‘sécurisé’, ce que se veut rassurant.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Visite de Sucre