• Jo et Sylvie

Ojo del Inca - Potosi


15 septembre :

Nous faisons le plein de courses et l’intendance de kokopelli puis quittons le camping en saluant bien chaleureusement Alberto, le propriétaire du camping et nos autres voisins voyageurs en leur souhaitant bonne route, peut-être nos chemins se recroiseront...

Nous prenons la route direction Potosi.

Avant d'aller visiter Potosi, nous contournons la ville en restant sur les grands axes pour se rendre à l’ « Ojo Del Inca » recommandé par des amis voyageurs. C’est un lac de cratère d’un ancien volcan de forme arrondie avec une eau chaude.

Nous sommes en fin d’après-midi et empruntons une petite piste pour y arriver qui débouche sur un monticule de terre, impossible d’aller plus en avant avec kokopelli. La piste se poursuit sur la droite, nous continuons un petit peu mais visiblement cela ne mène nulle part. Le site l’ « Ojo del Inca » n’est pas loin mais comment y arriver…

Finalement nous abandonnons l’idée de ce bivouac et faisons demi-tour pour rejoindre l’axe principal de la route et arrivons devant des thermes.

Nous bivouaquons devant le centre Balnéario de Tarapaya. Nous sommes à 3600 mètres.

16 septembre :

Après une nuit plus que très calme, nous partons ‘à pieds’ visiter le fameux site « Ojo del Inca ».

Nous passons devant une piscine d'eau chaude et prenons la piste de la veille, nous réalisons combien le sentier fait de lave est peu praticable avec un véhicule.

Arrivés à l’entrée du site, nous réglons notre passage. Irma, la gardienne nous accompagne autour de la lagune jusque devant un bassin. Elle nous explique que depuis quelques temps, il est interdit de se baigner dans la lagune car des personnes y ont trouvé la mort.

Les nappes d’eau souterraines sont parfois imprévisibles. S’il arrive que la lagune soit pleine d’une source d’eau chaude à 35°C, la ‘veine’ souterraine peut changer de circuit et alors la lagune se vide comme à l’ouverture de la bonde d’une baignoire créant un effet tourbillon.

C’est malheureusement ce phénomène qui a emporté des touristes dans les entrailles de la terre.

Mais nous ne sommes pas venus pour rien, nous pouvons bénéficier du bassin situé à proximité qui lui ne présente pas de danger. Avant de se prélasser de son eau chaude, nous prenons un sentier qui nous permet d’aller sur les hauteurs et mieux admirer le site « Ojo del Inca » comme les sommets qui nous entourent.

L’ « Ojo del Inca » mesure 100 mètres de diamètre et l’histoire remonte à l’époque inca. Face à nous sur le versant opposé, nous pouvons encore remarquer la présence d’un jardin en paliers utilisés par les Incas.

En chemin, nous croisons quelques ruines d’habitations de pierre. Cela fait tout drôle de penser que cette source thermale était déjà utilisée il y a près de 600 ans.

Nous sommes à 3800 mètres et nous avons les lèvres sèches avec l’altitude et le soleil qui rayonne. Boire de l’eau ne suffit pas, nous aspirons de redescendre à la lagune et profiter d’un bon bain. Comme on dit ‘après l’effort – le réconfort’.

Nous apprécions beaucoup de se baigner dans ce bassin d’eau chaude, nous sommes les seuls et réalisons une fois de plus la ‘chance’ de pouvoir réaliser ce périple et pouvoir profiter d’un bain thermal à 3800 mètres d’altitude.

Nous retournons ensuite au camping-car tout en admirant certaines couches colorées qui nous rappellent étrangement le site de Hornocal visité il y a environ 3 semaines.

Au programme de l'après-midi nous décidons d'aller à Miraflores, un ‘pueblito’ très convoité des habitants de Potosi. Ce petit village dispose d’une dizaine de centres de balnéo tous alimentés par des sources d’eau chaude qui sortent de la terre.

En chemin, nous croisons des familles occupées à laver le linge dans cette eau chaude. Une maman frotte le linge tandis qu'un enfant brasse la lessive en piétinant dans une bassine.

Nous traversons le village avec un certain écoeurement de la saleté rencontrée. Partout des détritus sont abandonnés, en bordure de route comme dans le lit d'une rivière de la vallée.

Cela fait le bonheur de cochons qui fouillent ces poubelles. Un grand dommage pour ce site qui jouit d’un capital naturel qui permettrait de créer un vrai centre de balnéothérapie. Mais c’est un phénomène de culture auxquels les Boliviens ne sont pas prêts.

Nous retournons au camping-car et retrouvons le véhicule d’un jeune couple Suisse avec leur camping-car américain. Ce jeune couple était avec nous au camping de Sucre. Nous échangeons un bon moment avec Christof et Lara et programmons de faire prochainement l’excursion de 4 jours du Sud Lipez et Salar de Uyuni ensemble au départ de Tupiza.

17 septembre :

Aujourd’hui nous pensions profiter d’une piscine d’eau chaude. Il est 8 :00 et arrivent de nombreux bus scolaires d’où sortent des enfants qui se dirigent vers le complexe balnéo.

A notre grande surprise, il arrive même un camion avec des enfants installés dans la beine qui sortent pour rejoindre les premiers groupes.

C’est décidé, nous allons changer nos plans et partons visiter Potosi espérant trouver un endroit pour stationner kokopelli car le cœur de la ville est fait de rues étroites et abruptes.

Potosi est une ville de 200 000 habitants et se situe à 4050 mètres d’altitude. Elle est inscrite au patrimoine de l’Unesco pour son passé mouvementé.

En approchant de Potosi, de nombreux déchets sont là sur le bord de la route. Tout ceci parait ‘normal’ ici comme les nuages des gaz d'échappement qui nous poussent à fermer les carreaux. C'est très regrettable car les paysages sont magnifiques.

Il y a beaucoup de travail à faire dans ce pays pour évoluer. Peut-être que le président Evo, si réélu en octobre prochain possèdera un programme sur l'environnement pour son pays.

La ville faite d’habitations inachevées composées de briques et de fer de fondations n’inspire pas à la visite mais le centre possède un aspect colonial et un musée que nous voulons voir.

Nous garons kokopelli sur l’aire d’une station service, mettons en lieu sur ordinateur, tablettes et objets de valeurs, verrouillons le véhicule et nous voici partis à pieds au centre.

Pour l’histoire, les conquistadors fondèrent Potosi en 1545 avec la découverte d’un précieux minerai qu’est l’argent sur son ‘Cerro Rico’ (Mont Rico) qui culmine à 4824 mètres aux abords de la cité.

Les espagnols firent venir des milliers d’esclaves africains pour assurer la main d’œuvre qui travaillaient sous terre durant 4 mois mangeant et dormant dans les galeries des mines.

Pensant que cette exploitation serait inépuisable, Potosi était la ville la plus riche des Amériques et finançait l’empire espagnol. Mais la gloire fut de courte durée, la ressource commença à s’épuiser engendrant déclin et pauvreté.

La plupart des exploitations appartiennent aujourd’hui à des coopératives de mineurs. Les conditions n’ont guère changé depuis l’époque coloniale. Ces mineurs qui travaillent dans des conditions abominables gagnent juste de quoi nourrir leur famille espèrent tomber sur un bon filon. Il est possible de visiter ces mines mais nous préférons les regarder de loin.

La sécurité n’est pas démontrée dans ces galeries avec poussière d’amiante, de silice et de chutes de pierres sans compter les effondrements de galeries au bruit des dynamites.

De plus des enfants y travaillent dès l'âge de 12 ans, cela serait du voyeurisme !

Le ‘Cerro Rico’ ressemble à un vrai gruyère et certains locaux affirment même qu’un jour tout va s’effondrer.

Avant l'ouverture du musée de la moneda, nous visitons quelques rues du centre et monuments. La place du centre est très agréable et laisse oublier les déchets rencontrés en arrivant.

Nous traversons des rues aux façades joliment colorées et croisons de nombreuses églises. Non loin de nous se dresse l'imposant ‘Cerro Rico’. Nous arrivons au ‘musée de la moneda’, le monument phare de la ville. Cette maison fut construite en 1572 et fut le premier hôtel des Monnaies.

Le bâtiment renferme des collections de peintures religieuses comme la ‘Virgen del Cerro’, une toile anonyme du XVIII° siècle.

La visite guidée et commentée en français nous emmène dans différents ateliers. Nous visitons les immenses engrenages en bois actionnés par des mules qui servaient à laminer les lingots d'argent.

Un peu plus loin, nous visitons la fonderie où était fondu le minerai d’argent et stocké en lingot avant d’être laminé.

Nous passons enfin par l’atelier où les pièces de monnaie étaient produites. La visite était intéressante mais un peu rapide.

Nous regagnons le camping-car et prenons la route en direction de Tupiza en passant de plus près du Cerro Rico avec ses immenses galeries de mines.

Nous quittons Potosi non pas sans regrets. La saleté ne donne pas envie d'y rester. Mais il faut reconnaitre que le coeur de la ville est très joli.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Tupiza : Excursion Sud Lipez & Salar de Uyuni