• Jo et Sylvie

Route du baroque Andin


18 novembre :

Au départ de Pitumarca, on ne pouvait pas rejoindre l'axe central sans faire une étape incontournable à Checacupe pour aller visiter son église.

Checacupe, un village quechua à 3600 mètres d'altitude dans la province de Cuzco possède une église de style baroque du XVIe siècle qui abrite une impressionnante collection de peintures de l'école de Cusco.

Cette église faite d’adobe a été construite sur les fondations d’un ancien temple Inca. Les murs peuvent aller jusqu’à 2 mètres d’épaisseur.

L’église de Checacupe figure parmi les plus belles églises du Pérou qu’on peut voir sur la route touristique des 'églises baroques andines'.

Pour pénétrer dans l’enceinte, il y a une série de marches irrégulières à gravir faites de grosses pierres irrégulières. On se retrouve alors devant une immense porte d’époque encadrée par des colonnes et sculptures.

En entrant dans l’église on a le sentiment d’étouffer, tout est obscur car il n’y a pas d’éclairage tout au moins lors de notre visite. La seule lumière provient de la double porte extérieure et des rares vitraux situés en hauteur sur les murs de l’édifice.

Mais très vite, la visite prend une tout autre tournure, l’économe de l’église nous croise et fier de sa passion et de ses connaissances sur l’histoire de ce site, il nous décrit une à une les scènes des peintures murales comme les gigantesques tableaux ornés de dorures.

Il nous emmène dans une pièce annexe où on retrouve le berceau de baptême taillé dans la pierre qui date des années 1550.

Toujours dans la même pièce, nous pouvons voir les restes de l’orgue qui était autrefois à l’étage. Cet orgue était alimenté par de l’air produite par des soufflets à air en peau de vache. Aujourd’hui cette richesse reste là dans une pièce dans l’attente qu’un musée puisse ouvrir à Checacupe.

L’hôtel de l'église est de couleur bronze et présente de belles sculptures et statues .

Il est temps pour nous de laisser l’économe qui de toute évidence est un passionné de cette paroisse. Il nous informe qu’en début d’après-midi il va y avoir une procession.

Nous quittons le temple et gagnons la place sur laquelle se trouve un kiosque à musique, chose rare au Pérou. Nous continuons jusqu’à une attraction historique du village.

Nous arrivons devant 3 ponts - témoin de l'histoire. Le premier le plus récent, fabriqué en métal qui sert d’accès aux véhicules. Mais la curiosité va aux deux suivants situés en contrebas, l’un en pierre datant de l'époque coloniale et l'autre un pont suspendu de l’ère Inca. Il est fait de bois et de lianes de lamas pour rigidifier l’ensemble.

Ces matériaux sont remplacés une fois par an, cela l’occasion aux locaux quechua de se remémorer le règne Inca.

En bordure de la rivière, un jardin de ruines Inca est là, composé d’étage de pierres.

Nous retournons ensuite à la place où se trouve kokopelli. Nous travaillons notre prochaine route lorsqu’une dame qui tient un petit commerce sur la place vient nous voir. Elle est très curieuse à voir l’intérieur.

Nous l’invitons bien sur à monter et toute seule elle file directement dans la partie arrière du camping-car pour admirer chaque recoin depuis le lit, aux toilettes et la douche. Elle nous interroge sur le coût car elle souhaiterait investir et effectuer de la vente ambulante d’un pueblo à un autre.

Elle nous confie son numéro de whatsapp pour lui envoyer des photos faites en sa présence et elle nous apporte des plantes aromatiques.

Nous attendons toujours le cortège de la procession et pour passer le temps nous visitons quelques rues du village puis allons découvrir le magasin d'artisanat donnant sur la place.

La visite va vite se transformer en classe d'école. La personne du magasin, une adorable mamie souhaite apprendre quelques mots en français et Sylvie et la mamie s'installent sur le palier d'entrée transformé en banc d'école. 'Ah bon je suis prise en photo s'exclame-t-elle, voilà que cette mamie se lève et s'en va un court instant pour revenir avec un chapeau plus coloré'...

Le musique de la procession approche, nous prenons place pour suivre le cortège qui défile sous nos yeux.

Les locaux se réunissent sur la place pour une prière commune avant d'aller à l'église pour une messe célébrée.

Nous quittons ensuite toutes ces costumes colorés et ces gens adorables, au-revoir Checacupe et partons vers le nord.

Nous passons par le village de Huaro et stationnons pour la nuit sur le parking de l'église. Un gardien en uniforme viendra toquer à la porte pour nous dire qu'une patrouille va veiller sur nous et notre sécurité durant le nuit.

19 novembre :

Après une nuit excellente, nous retrouvons notre gardien de la municipalité qui nous salue, soucieux de savoir si nous avons bien dormi.

Du camping-car à l'église, il y a juste quelques pas à faire.le Temple jésuite San Juan Baptista de Huaro se dégage sur le fond d'une montagne andine, elle est de type colonial et tout comme l'église de Checacupe, elle est construite sur les fondations d'un ancien temple inca.

Pas bête les espagnols, moins de travail à faire en se servant des solides fondations des temples incas.

L'intérieur est majestueusement décoré de fresques. Le nouveau et l’ancien testament sont mis en scène dans des fresques assez violentes. De riches peintures meublent les murs.

Une originalité sur la porte principale, des ferrures habillent la large porte d'entrée qui conservent encore les gonds de l'époque.

Après cette visite, nous passons par un musée qui juxtapose la municipalité. Le musée n'est pas grand et regroupe un certain nombre d'objets, de poteries découverts sur d'anciens temples incas situés sur les hauteurs. Des pierres gravées sont regroupées dans la pièce.

Au cours de la visite, on retrouve les deux crânes d'un géant, sans doute une personne de forte ossature et d'un nain qui avaient été enterrés auprès d'une princesse pour veiller sur elle.

la jeune fille de 14 ans surnommée la 'princesse Quillallay' avait eu le crâne déformé dès sa plus tendre enfance. Une pratique inca qui voulait que certains 'élus' pour l'au-delà puissent avoir la tête entourée de bandelette qui ne permettait la croissance de cette dernière que de façon tubulaire.

Nous continuons à pieds pour aller voir la chapelle de la vierge purifiée 'Canincunca' située à 1 kilomètre en traversant le village de Huara bordé de champs de maïs.

Arrivés à la chapelle on retrouve de riches décors de peinture murale avec des murs et un plafond décoré de motifs textiles semblables a de beaux rideaux avec des rubans en feuille d'or chargés de l'époque baroque.

Tout comme sa soeur voisine, cette église est construite sur une base en pierre et faite en adobe.

Nous regagnons Kokopelli et nous mettons en route pour 'Andahuaylillas' et son église surnommée 'la Chapelle Sixtine des Andes'.

L’église Jésuite Saint-Pierre-Apôtre d’Andahuaylillas possède un intérieur de style baroque avec une overdose explosive de peintures, d'encadrements et motifs en or et de statues. Sa construction commença à la fin du XVI° siècle et termina au début du XVII°.

Après un copieux déjeuner dans un restaurant local pour la modique somme équivalent à 4 euros et un plein de carburant, nous reprenons la route en direction de Cuzco. La route traverse d'immenses champs de culture de maïs.

Nous nous arrêtons rapidement dans un village où la spécialité concerne une brioche tout à fait comparable en aspect et goût à une 'pompe', brioche réalisée au moment des fêtes de Noël en Provence. Y-aurait-il un provençal dans la région ? Toujours est-il que ces galettes se vendent très bien.

Non loin de là aussi, nous passons la capitale du pays où on mange des cuis.... des hamsters. Il 'parait' que c'est délicieux mais cela ne nous tente pas vraiment ... (solidarité à Ray & Clo qui ont perdu leur petit hamster depuis le balcon)...

L'orage menace et il nous faut impérativement arriver à Cuzco avant la nuit. Nous tombons dans un trafic 'heures de pointe', çà klaxonne de partout, les bus, les taxis repartent sans clignotants, il faut beaucoup faire preuve de vigilance et parfois deviner ce que va faire la voiture de devant ou celle de côté.

Après beaucoup d'effort, nous arrivons au seul camping de la ville qui accepte les camping-car. A notre arrivée, nous rencontrons tout type de véhicules, depuis les gros engins pour 'baroudeurs confirmés' au simple van.

Il y a toute sorte de nationalités ici et aussi toutes sortes de véhicules, des plus gros camions de baroudeurs et d'autres plus simples comme notre véhicule. Il y a des camping-car allemands, Hollandais, Américans, Chiliens et bien sur français. Curieusement nous retrouvons le camping-car de nos amis (les Tiself) qui ont voyagé en Amérique du sud et qui ont cédé leur véhicule à d'autres voyageurs.

Nous garons Kokopelli et nous voici dans le monde des Incas. Les journées suivantes vont être très riches en découverte...

Où sommes-nous :

Prochaine étape : La capitale de l'empire Inca : Cuzco