• Jo et Sylvie

Survol 'Lignes de Nasca' - Oasis Huacachina


03 décembre :

Nous sommes réveillés tôt, les avions sont sortis des hangars car nous entendons déjà les moteurs chauffer.

Nous nous présentons au guichet et passons à la ‘bascule’ pour mesurer notre poids afin de répartir les passagers dans l’avion.

Nous embarquons dans un petit avion, nous sommes six passagers, le pilote et co-pilote. Munis de nos casques sur les oreilles, le co-pilote nous donnent les instructions sur le déroulement du vol pendant que le pilote amorce déjà son envol.

Très rapidement nous prenons de l’altitude, la piste d’atterrissage devient de plus en plus petite depuis le large hublot qui nous permet de voir sous nos yeux le désert de Nasca, un grand moment d’émotion.

A chaque figure ou ligne présente sur le sol, l’avion exécute deux passages, le premier en décrivant une courbe sur le côté droit afin que les passagers du côté droit puissent voir la figure. Puis l’avion se redresse et change d’angle en basculant de l’autre côté, décrivant une large courbe de vol pour revenir sur la même figure au sol afin que les passagers du côté gauche puissent à leur tour la voir aussi.

Autant dire que ces mouvements de gauche et droite ne nous enchantent guère à cette heure matinale où il nous avait été conseillé de ne pas déjeuner…. Des sachets plastiques sont présents devant nous pour le ‘cas où’ et Sylvie dont le teint change rapidement avec les virages en fait même usage….

Chacun d’entre nous à bord de l’avion a des suées et on résiste aux balancements répétés conscients qu'on ne peut pas sortir ;-).

Mais le spectacle est magique vu du ciel. On se rend mieux compte de la grandeur des lignes comme des figures dessinées au sol.

Après ce spectacle grandiose et 40 minutes de vol, l’avion exécute un dernier large virage (enfin !) dessus le Cerro Blanco, énorme dune du Pérou et vire en passant dessus Cantalloc qui est un réseau d’une quarantaine d’aqueducs souterrains. Ces aqueducs ont été construits par les Nazcas pour transporter l’eau vers l’intérieur des terres.

Ces galeries souterraines peuvent atteindre jusqu’à 12m de profondeur et certaines fonctionnent toujours pour irriguer les terres des alentours qui produisent du coton, maïs, pommes de terre et fruits.

Dernière vue du ciel qui nous entoure, l'avion amorce sa descente pour rejoindre la piste de l’aérodrome qui se dessine à l’horizon.

Nous sortons tous en titubant de cette expérience riche en émotions, le visage pâle et tout en suée mais il faut l’avouer avec un cœur plus que balancé.

Nous quittons l’espace pour retourner au camping-car où Sylvie va s’allonger une bonne heure pour retrouver sa forme.

Dans la matinée, nous partons pour dans le centre de la ville de Nasca pour y faire des emplettes et refaisons une fois de plus le plein de papaye, mangues, avocat et autres fruits exotiques. Nous abandonnons ensuite kokopelli à l’ombre devant le musée Antonini.

Ce musée archéologique nous a été recommandé par Edgardo et nous ne regrettons pas d’avoir suivi son conseil. Le musée n’est pas si grand mais on y trouve une collection très intéressante de pièces archéologiques à travers les différentes étapes de la culture Nasca.

Ces découvertes sont pur beaucoup d’entre elles le résultat des fouilles faites dans le centre cérémoniel de terre le plus grand du monde : Cahuachi situé à 20 kilomètres de Nasca.

Le musée renferme de nombreuses poteries, des textiles peints ou tissés , des linceuls funéraires.

Nous passons devant une vitrine où des têtes de trophée enduites d’argiles au temps des Nasca ont conservé leur intégralité.

Dans une autre salle, nous trouverons une momie intacte sacrifiée en position pliée comme la pratique le demandait, la sépulture a été découverte avec des plats de vivre, des objets symboles.

Avant de sortir du musée, nous passons devant une partie de l’aqueduc de Visambra qui démontre le magnifique travail d’ingénierie hydraulique des Nasca pour acheminer l’eau depuis l’océan jusqu’à l’intérieur du désert.

Nous quittons la ville pour continuer notre route vers le nord. Sur la panaméricaine nous faisons une halte à un bélvédère qui nous permet d'accéder à une tourelle où on peut approcher quelques figures des lignes de Nasca.

04 décembre :

S’il nous arrive de dormir dans des endroits de rêve, il nous arrive aussi de dormir dans des endroits moins 'exotiques' et parfois nous n’avons pas le choix comme cela a été le cas de la nuit précédente.

En route, nous avons stationné sur le large parking d’une station service. La station en elle-même ouverte toute la nuit était calme avec quelques véhicules venant s’y arrêter. Mais le problème venait surtout d’un passage incessant de gros camions roulant à toute heure de la nuit sur la fameuse panaméricaine, ou ‘autoroute transaméricaine’ qui est un système de voies rapides et d'autoroutes qui relie l'ensemble des Amériques.

Et comme les Péruviens sont très attachés à l’emploi du klaxon par simple réflexe dans n’importe quelle situation, autant dire que la nuit n’a pas été une des meilleures.

Profitant d’être sur place, nous faisons le plein de carburant avant de partir et le pompiste nous indique un pueblo à quelques kilomètres de là avec une bodega qui fabrique du Pisco. Le Pisco est l’alcool national du Pérou. Son degré d’alcool oscille entre 40° et 42° et sert à l’élaboration du cocktail Pisco Sour.

C'est décidé nous partons à la découverte de ce pueblito et des sa bodega Ocucaje.

Jorge, Ayant travaillé dans la bodega durant 35 ans nous fait découvrir le site qui date de 1898. Il nous montre un ancien hôtel arboré avec piscine qui a connu des années de gloire avant le ‘terra moto’ (tremblement de terre) de 2007 qui a tout lézardé les murs du domaine.

La cloche du clocher du village a été épargné et constitue un véritable vestige car elle date de 1761.

Nous suivons Jorge et arrivons dans la salle des vins et alcools produits ici. Nous goûtons certains produits et repartons avec une bouteille de Pisco et un vin doux.

Message pour Erick et Monique, la recette du Pisco Sour n'a plus de secrets pour nous.

Sortis de la Bodega, Jorge nous invite à venir voir un musée paléontologique qu’il s’occupe avec passion. Nous remontons à des millions d’années où la mer occupait cette vaste région.

Avec les changements climatiques, la mer s’est retirée et de nombreux mammifères ont été emprisonnés pris au piège puis enfouis dans le sol par les couches de sédiments. Ce qui explique que cette région désertique est très riche en fossiles marins.

Nous sortons enchantés de cette visite du musée en remerciant Jorge pour ses brillantes explications.

Nous reprenons la route pour la ville de Ica. Cela fait ‘déjà’ un mois que nous sommes au Pérou et nous devons renouveler notre assurance pour le camping-car. Nous passons à une première agence qui nous propose un contrat à l’année, chose que nous n’avons pas besoin car d’ici un mois nous aurons quitté le pays pour entrer en Equateur.

Nous entrons dans une autre agence puis une autre et encore une autre, chacune tient le même discours : ‘souscription à l’année’. Finalement nous arrivons à une agence qui nous valide un contrat SOAT pour un mois. Après bien quatre heures passées à chercher un contrat pour un mois, nous tombons enfin sur la bonne agence.

Nous quittons Ica, une ville très embouteillée pour aller à quelques kilomètres de là, en plein désert : l’Oasis de Huacachina.

Nous installons kokopelli dans la cour du complexe Ecocamp. Le site est très bien entretenu et très propre avec piscine, douches et se trouve à proximité des activités de ce coin en cul de sac.

Nous profitons de cette étape pour récupérer des trois derniers jours de route avec au programme séance de bronzage autour d'une piscine.

Le cadre est très agréable, l'oasis est entouré de gigantesques dunes. Le site est équipé d'activités comme sorties en quad ou en buggy pour aller plus à l'intérieur des dunes.

La température dépasse les 30° en journée et nous attendons la fin d'après-midi pour aller gravir une des dunes. L'ascension est longue et pénible mais le résultat est méritant une fois arrivés au sommet.

Nous avons un aperçu sur l'étendue du désert qui s'étend à perte de vue. La descente est plus facile et beaucoup plus amusante tout en étant aussi sportive.

Nous décidons de laisser de côté la 'piste' faite sur la crête pour se lancer sur un des flancs vertigineux de la dune. Nous passons d'une enjambée à une autre en sautant sur le sable chaud et arrivons très vite à l'oasis.

Les journées suivantes seront occupées de 'farniente' et 'détente' autour de la piscine.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Réserve nationale de Paracas