• Jo et Sylvie

Site archéologique de Caral


09 décembre :

Nous sommes réveillés tôt par tout un groupe d’ouvriers qui vient d’arriver en bus à la maison des archéologues.

Ces personnes équipées de pelles, de pinceaux, de spatules, de brouettes, de plans sous le bras et viennent travailler sur le site archéologique qui s’étend sur plus de 630 hectares.

Après un copieux déjeuner terminé par des fruits ‘classiques’ de la région fait de papaye et de mangues, nous rejoignons le parking pour y découvrir le site.

Nous payons notre entrée et apprenons que nous sommes obligés de faire la visite avec un guide qui parle très peu anglais. Ce sera donc à nous de faire l’effort pour comprendre Roxanne, notre guide qui nous accompagne avec le tour commenté en espagnol.

Le site de Caral découvert en 1994, est considéré comme la plus ancienne civilisation d'Amérique mais figure également en troisième position au niveau mondial, après la Mésopotamie et l’Égypte.

Bien que Machu Picchu, situé à Cusco, ait suscité considérablement plus d’intérêt dans le monde entier avec son titre de capitale de l’Empire des Incas, beaucoup ignorent et encore moins les guides touristiques, que Caral fut le premier État politique formé au Pérou 4400 ans avant les Incas.
La civilisation de Caral fut gouvernée par un système hiérarchique très marqué par les différences existant entre les divers rangs et positions sociales.

Le site comprend six pyramides, des places circulaires et les résidences d'anciennes classes dominantes, entre autres.

Les pyramides possèdent sur la terrasse haute un foyer ingénieusement alimenté par une conduite d'air. Ce foyer servait à bruler des offrandes.

Les pyramides mineure, majeure et amphithéâtre sont constamment en cours d'exploration.

Les preuves découvertes montrent que des rituels et des cérémonies religieuses y étaient réalisés avec offrandes de nourriture et aussi sacrifices humains, et que les constructions résidentielles formaient des unités d'habitations et des ateliers de travail.

C’était une civilisation pacifique à en croire l’absence d’armes retrouvées par les archéologues. Par ailleurs, aucune poterie n’a été retrouvée. Ce qui est paradoxal c'est l’intelligence pour avoir bâti de tels édifices sans s’être intéressé à la poterie.

Ils vivaient d‘échange de leur production de fruits et légumes avec du poisson pêché par les peuples de la côte.

Il existe deux hypothèses sur l’abandon soudain du site.

De grosses failles ont été découvertes sur certains palais supérieurs pouvant avoir été provoquées par des séismes de forte puissance. N’oublions pas que nous sommes dans une forte zone sismique du Pérou. Cette hypothèse semble peu probable. Les fondations retrouvées mettent en évidence une structure 'anti-sismique'. La civilisation Caral enfermait des cailloux dans des filets de cordes et édifiait les murs avec des bambous reliés entre eux enfermés dans les murs d'adobe.

La deuxième hypothèse serait dû à un changement climatique de l’époque, 'El Nino' qui aurait provoqué d'intenses dégâts désastreux sur une partie du site.

Le peuple aurait alors décidé d'abandonner la vallée de Supe.

Sortis de cette visite nous reprenons la piste sur une vingtaine de kilomètres. En chemin, nous traversons d’immenses champs de culture, bananiers, mangues, avocats, maïs, papayes et bien d’autres encore.

La vallée occupe d’autres sites qui faisaient partie du noyau de la civilisation Caral comme Miraya, Lurihuasi, Chupacigarro, Allpacoto entre autres.

Ces sites ne sont pas ouverts au public car ils font l’objet de fouilles. La vallée promet d’ici quelques années un lieu incontournable à visiter sur l’histoire du Pérou.

Revenus sur la panaméricaine, nous avançons quelques kilomètres avant de bifurquer en direction de la 'cordillère blanche'.

Très vite nous prenons de l’altitude à travers une belle route de montagne qui grimpe inlassablement, les cactus remplacent les maïs, l'air est un peu plus frais.

La cordillère blanche est une chaîne de montagnes qui s’étend sur 180 kilomètres de longueur et comprend des sommets d’une altitude supérieure à 6 000 mètres dont le Mont Huascarán avec son point culminant à 6 768 mètres d’altitude.

Ce massif montagneux possède de nombreux lacs en altitude, situés à plus de 4 000 mètres d’altitude. Ils ont la particularité d’être colorés selon leur fond.

La route nous amène à 4250 mètres d’altitude et débouche sur un vaste plateau dominant une lagune, la ‘laguna Conococha’ entourée de sommets enneigés. L’effet de l'altitude se fait ressentir et nous buvons beaucoup d’eau.

Au loin nous apercevons la chaîne de montagnes et ses nombreux pics qui pointent vers le ciel. C’est un de ces monts (montagne Artesonraju) culminant à 6075 mètres qui a inspiré la société de production cinématographique Paramount pour choisir l’une d’entre elles pour son logo.

Malheureusement nous voici au mois de décembre, et c’est le début de la saison des pluies ici. Le matin, le soleil est au rendez-vous mais très vite les nuages apparaissent pour donner place à de la pluie et des orages dans l’après-midi.

Nous avançons jusqu’à Huaraz pour faire une révision de kokopelli, vidange, changement des filtres et changement des plaquettes. Pas moins de quatre jeunes personnes se sont occupés de kokopelli travaillant dans un esprit d’équipe et une ambiance exemplaire.

Nous poursuivons notre route longeant la cordillère blanche pour faire étape à Carhuaz.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Canon del Pato