• Jo et Sylvie

Au-revoir 'Amérique du sud'

Alors que Kokopelli va bientôt embarquer sur un bateau qui va le ramener en Europe, de notre côté, nous bouclons sacs et valises, il nous reste quelques jours, juste quelques jours encore et nous allons prendre un avion pour rentrer en France.

Ce sera alors la fin de notre périple en Amérique du sud…. Cela fait tout drôle d’écrire çà. Bien sur tout a un début et tout a une fin mais c'est avec la gorge serrée que nous allons quitter cette partie du globe terrestre.

Notre circuit…..

Notre périple a débuté en juillet 2018, en débarquant avec notre camping-car à Montevideo en Uruguay après 37 jours de traversée en bateau. Ce fut le début de notre grande aventure.

Nous avons visité l'Uruguay, le Brésil, le Paraguay, l'Argentine jusqu'à Ushuaia pour remonter par le Chili. Après 9 mois de route et de découvertes incroyables nous avons fait une pause de voyage en rentrant en France durant quelques mois laissant notre camping-car ‘Kokopelli’ en gardiennage.

De retour en août 2019 nous avons retrouvé notre véhicule là où nous l'avions laissé et avons continué notre deuxième périple à travers les pays Bolivie, Pérou, Equateur avec les Galapagos, et pour finir la Colombie, point de chute de notre deuxième voyage où nous nous trouvons actuellement.


Quel a été notre plus beau pays…..

Bien souvent les locaux rencontrés nous ont posé la question ‘quel pays avez-vous apprécié le plus ?’. La réponse est évidente, il n'y a pas de ‘pays plus apprécié qu'un autre….’. Chacun est magnifique, chacun possède une faune et une flore qui lui est propre, une culture différente aussi, des paysages différents.

Il serait injuste après avoir croisé tant de personnes sur ces 18 mois de voyage de dire, ‘ce pays est le meilleur' tant nous avons connu des expériences et moments magiques presque irréels pour certains.

Ces instants de ‘vraie vie' vont rester ancrés dans nos mémoires pour toujours.

Des instants de pur bonheur….

Nous avons en tête une longue liste de prénoms de gens côtoyés, quelques mots échangés à travers une simple discussion, une simple rencontre, un simple regard, un simple signe de la main, un simple sourire, une simple embrassade, tout suffit à dire que nous allons laisser ici une partie de notre cœur et de notre âme sur cet immense Amérique du sud.

Si nous avions pris le soin d'écrire sur un carnet les noms de toutes ces fabuleuses rencontres, les pages seraient noircies d'encre et nous aurions bien sur continuer sur un autre carnet.

La vie à bord…..

Nous garderons un excellent souvenir de ce grand périple en Amérique du sud. Avant d'aller plus en détails, mes félicitations s'adressent au ‘co-pilote', Sylvie, qui a su gérer le portefeuille des dépenses et l'assistance dans des manœuvres parfois bien délicates.

Autant dire que ces tâches lui ont permis de relativiser certaines difficultés inhérentes au voyage. Il fallait franchir un certain cap pour se lancer dans cette aventure hors du commun, partir aussi loin de notre ‘petit confort quotidien' de la France en laissant nos familles et nos amis que nous allons retrouver bientôt.

Ces 18 mois d’aventures passés en Amérique du sud ont très vite passé. Je parle d'aventure et non pas de vacances car même si le voyage était préparé depuis de longues dates, Les tâches quotidiennes étaient là comme assurer la gestion de l'eau, carburant, les courses, le gaz, intendance et maintenance du véhicule, étude du parcours du jour et un point non négligeable qu'est celui de trouver le bivouac en sécurité pour la nuit sans oublier la gestion du budget et le passage aux frontières d'un pays à l'autre.

Tout ceci fait partie de la vie à bord, chacun son rôle entre Sylvie et moi, on s'adapte vite a tous ces ‘automatismes' en voyage au long cours.

Quelques galères tout de même. …

Nous avons connu quelques galères comme s'être embourbés, avoir fait des demi-tours sur une largeur de 7.10 m alors que Kokopelli totalise 7.00 m, rebroussé chemin en marche arrière sur 300 mètres, roulé sur plus de 3500 kilomètres de ‘ripio’ comme on dit ici, piste faite de terre et de cailloux sans excéder les 10 km/h, quelques petits accrochages sans gravité qui mériteront du masticage au retour. Mais ces galères sont oubliées avec le temps et font place à un immense souvenir vécu.


Comportement de Kokopelli. …

De la chance, oui je pense que nous en avons eu. Sur les 45000 kilomètres parcourus, nous n'avons jamais crevé et sans vanter les mérites du porteur fiat, nous déplorons aucun problème mécanique. Kokopelli nous a même surpris en passant les 5050 mètres d'altitude sans ‘tousser' ou montrer un signe de faiblesse par le manque d'oxygène.

L'additif ajouté aux pleins de carburants effectués au Pérou et Bolivie a permis d’assurer une bonne combustion pour compenser la qualité du gasoil de ces pays. La suppression du fap (filtre à particules) et reprogrammation moteur avant notre départ ont contribué aussi au bon comportement du moteur en altitude.

D'autres voyageurs rencontrés qui n'avaient pas fait cette intervention ont eu moins de chance avec un fap encrassé suivi d'une mise en régime dégradé du véhicule.

La réhausse du camping-car réalisée avant le départ a permis de gagner en garde au sol et de franchir sans problèmes certains passages délicats.

Le seul point noir qui n'a rien à voir avec le moteur mais avec la cellule du camping-car concerne la centrale de commande de la chaudière. Sans doute à la suite de secousses répétées, un connecteur s'est débranché et frottant sur le circuit imprimé a mis fin au bon fonctionnement. Mais on s'est adapté, de plus ce problème remonte a deux mois avant la fin du périple.

Nous nous félicitons du choix du véhicule avec une bonne literie et un espace de vie à l'intérieur. Certes le véhicule n'est pas 4x4, cela ne nous a pas empêché de se rendre dans bien des endroits reculés. Après qu'on soit motorisé en 4x4 ou pas, on ne peut pas tout voir et tout faire, il faudrait bien cinq ou six vies supplémentaires ….

Question santé. …

L'altitude peut représenter un handicap avec une gêne respiratoire, des maux de tête, symptômes qu'il ne faut pas prendre à la légère pouvant engendrer de graves conséquences. Autant que possible nous sommes montés en respectant des paliers d'adaptation.

Nous avons cependant fait une erreur une fois en quittant le Chili pour la Bolivie, nous sommes passés du niveau de la mer a 4300 mètres en l'espace de deux jours et Sylvie a mal supporté ce changement nous obligeant à descendre rapidement d'altitude.

Récemment en Colombie, suite à un problème de vue de Sylvie, nous avons consulté en urgence une clinique ophtalmique entrainant une intervention laser.

Sur ce point, nous félicitons IMA, notre assurance qui a pris en charge les soins. Son fonctionnement intervient à l'étranger sous réserve d'un séjour qui n'excède pas un an, ce qui est notre cas puisque nous avions fait volontairement une pause avec retour en France au terme du premier périple.

Et la nourriture dans tout çà. …

Autant dire que la viande d'Argentine appelée ‘assado' perso me manque et me manquera tant pour son goût que pour son prix au kilo, les vins excellents d'Argentine et Chili aussi, les ‘ceviche’ du Chili, du Pérou et de Colombie….

Viennent ensuite les nombreux fruits exotiques et jus que nous avons savouré - par péché de gourmandise – que ce soit au Pérou, Equateur et Colombie. Tous ces fruits au prix dérisoire nous laissent le goût en bouche.

Pour être franc et un peu chauvin tout de même, les ragouts, les daubes et autres plats en sauce français nous manquent sans compter simplement une bonne baguette assortie d'un des bons fromages français.

La sécurité tout au long du périple….

Sur toute la Patagonie, nous avons jamais ressenti de l'insécurité. C'est nature sur nature et cela nous a amené à faire essentiellement du camping sauvage avec 3 pauses en camping sur 9 mois de voyage du premier périple.

En revanche, pour le second périple et notamment au Pérou où les risques d'agression sont fréquents, nous avons alterné entre camping sauvage et campings garantissant la sécurité lors des bivouacs.

Nous n'avons jamais été agressé ni soupçonné une quelconque agression, le choix de l'emplacement du bivouac était établi après demande au voisinage ou auprès d'un poste de police.

Quelques beaux moments…

Le ballet des baleines à la Péninsule de Valdes en Argentine,

La force des chutes d'Iguazu au Brésil et Argentine,

Les immenses blocs de glace se détachant du glacier Perito Moreno en Argentine Saluer les vigognes, lamas et guanacos dans la Cordillere des Andes,

Les lagunes colorées et les salars d'altiplano de Bolivie,

Le mystérieux temple Machu Picchu au Pérou,

L'epaisseur infranchissable des forêts amazoniennes,

Jouer avec tortues et mammifères marins dans les eaux des Gallapagos en Equateur, Traverser les villages colorés de la route du café en Colombie,

Avoir sauvé un pinguoin épuisé sur le rivage en Patagonie en Argentine,

Les lacs, les montagnes, les glaciers de la mythique Carretera Australe au Chili,

La région des volcans et ses mers de lave au Chili et Argentine,

Les capibaras, caïman et autres animaux de Esteros de Iberra

Les nombreuses randonnées en altitude offrant des paysages a couper le souffle.

La sympathie des gens rencontrés,

Avoir rencontré des voyageurs et sympathiser avec deux,

Les eaux chaudes de la mer caraïbe,

Et j'en passe et j'en passe...


Quelques moins beaux moments…

Panne brutale de l'appareil photo empêchant de bonnes prises aux Galapagos,

Panne soudaine de l'ordinateur compliquant considérablement les mises à jour des newsletters du blog,

Court-circuit du boitier de commande chaudière

Les décharges publiques a ciel ouvert, sacs poubelles abandonnés en bordure des routes, roue de voiture, appareil électroménager, meuble, épave de véhicule ….

L' Amérique du sud a encore beaucoup de travail à faire pour comprendre que la terre est fragile et qu’il est plus qu'urgent de préserver l'environnement.

Les fins de semaines dans toute l'Amérique du sud où la musique est à l'honneur amenant à des nuits courtes

La circulation routière au Pérou où le klaxon remplace le clignotant et ‘deviner' ce que le véhicule de devant va faire afin d'éviter un accrochage.

La complexité des démarches notamment la fouille antinarcotique avant l'embarquement de Kokopelli pour son retour en Europe.

Peut-être ces derniers jours a se préparer à rentrer en France où sevit ce foutu virus.

La pauvreté et la misère rencontrées dans certains endroits sans eau courante, sans électricité et un confort très basique. Je reprends ici un texte de Sylvie : « Ce matin, en cherchant un endroit a Santa Martha (Colombie) pour remplir notre bouteille de gaz, nous sommes arrivés dans un quartier pauvre. Une route de terre, et au milieu de cette petite route une voie ferrée. Nous pensions que le train ne passait plus, vu l'état de la route ! Mais si.! De chaque côté de cette voie Il y a des habitations pauvres d'autres un peu moins, des chiens errants maigres qui dorment sur le sol pour oublier la faim. Des enfants qui viennent nous voir avec leur plus beau sourire et contents de nous parler. Nous avons vu un monsieur d'une trentaine d'années qui remplissait d'eau toute sorte de bidons qu'il a dû récupérer un peu partout, il avait 3 petits enfants avec lui qui l'aidaient à les remplir. Il nous a expliqué qu'il n'avait pas d'eau où il vivait. C'est à plus d'une demi heure de ce quartier où là il y avait de l'eau. Nous l'avons vu lui et ses enfants pousser sur les rails un genre de plateau à roulettes sur lequel tous les bidons d'eau étaient posés. C'était très lourd, il faisait ça tous les jours. Et si par malheur, le train passait, il devait se dépêcher de tout ôter de la voie, avec le risque de renverser cette eau si importante pour lui et sa famille et aussi celui de se faire écraser peut être. Il y a cette petite fille Angela âgée de 12 ans, avec son vélo, qui est venue discuter un peu avec moi et qui vivait là. Elle travaillait bien a l'école. Elle avait un beau sourire....elle nous a pris pour des américains. Je lui ai montré où se trouvait la France. Malgré toute cette pauvreté, il y a des yeux pétillants et émerveillés, des sourires dans les yeux des enfants. Je n'oublierai jamais ce moment... »

Et j'ajouterais que cet homme de la trentaine ne portait pas de ‘gilet jaune’, message pour nous français qui entendons toujours contester et critiquer, pour nous à qui il suffit de presser un bouton pour avoir l'éclairage ou un autre pour le chauffage, ouvrir un robinet pour avoir de l'eau, pour nous enfin qui contestons même s'il y a rupture de foie gras au moment de Noël….

Le voyage au long cours ouvre les yeux, l'esprit et le coeur, il apprend encore plus sur le respect et le partage en allant vers l'autre. Certes comme un ancien voyageur m'avait dit un jour 'attention car d'un long cours, on n'en revient pas intact'. Sa remarque est merveilleusement vraie, on grandit en se limitant a l'essentiel et on relativise beaucoup de choses de l'existence... un conseil à tout lecteur qui 'hésiterait' encore à franchir le pas pour entreprendre une telle aventure, voici une phrase à méditer :

"haz de tu vida un sueño, y de tu sueño una realidad"...

Ne dit-on pas, le spectacle continue … Le spectacle pour admirer encore des paysages nouveau et aller à la rencontre d'autres gens … Aussi en avril 2021 nous allons repartir avec un transfert de Kokopelli pour Halifax (Canada).

Les grandes lignes du 3eme périple seront de traverser le Canada jusqu'à Anchorage en Alaska, descendre par les immenses parcs nationaux américains et poursuivre en Amérique centrale jusqu'en 2022.

A toutes nos connaissances d'Amérique du sud, nous vous embrassons très fort. Suerte a todos, merci à toutes les personnes, amis ou parent ou simple visiteur qui avez suivi notre aventure et laissé de gentils messages.