• Jo et Sylvie

Barichara

13 février :

Nous quittons Tunja pour avancer plus au nord jusqu'au village de Barichara.

Après avoir roulé deux petites heures, nous arrivons à San Gil pour y faire plein d'eau, gasoil et le plein de courses.

Nous reprenons une route sinueuse en roulant tranquillement, il est tôt et il nous suffit d'atteindre un bivouac 'bien côté' d'après les commentaires de voyageurs mis sur l'application iOverlander.

L'information indique 'coin calme, en sécurité, douches, wifi....' sauf que lorsque nous arrivons au point supposé du camping, le gps nous demande de quitter la route et se suivre un sentier. Là les choses se compliquent, le chemin est un chemin tout poussiéreux fait de cailloux, sable et terre. Et dire que nous avons fait un récent gros nettoyage du camping-car, le voici devenu tout marron en l'espace de quelques minutes en roulant sur la piste.

Par malchance nous croisons un véhicule en sens inverse qui lui descend. A travers le nuage de poussière orangée, je fais des appels de phares afin que l'autre conducteur nous laisse poursuivre notre ascencion. A priori mes appels ont servi à rien, à moins que mes feux de route ne fonctionnent pas car le véhicule poursuit sa descente sans se soucier de notre difficulté à monter.

Les roues de Kokopelli patinent dans ce lit de poudre fine de sable et terre générant encore un plus gros nuage. Nous arrivons à avancer dans ce chemin tout juste bon pour des 'tracteurs'. Le gps perd la direction faut dire que tout autour de nous il n'y a que des forêts a flanc de montagnes...

Nous arrivons finalement devant une clôture faite de quelques piquets de fortune reliés par du barbelé. Un point qui nous 'rassure' quand même, un panneau en bois nous indique que nous sommes à la bonne adresse. Nous ouvrons le portail et une fois de plus la suite du chemin est tout aussi accidenté pour ne pas dire pire qu'auparavant.

Je pars à pieds explorer le chemin qui aboutit au bivouac soit disant 'très bien'. Deux chiens énormes m'accueillent suivis de leur maître, le propriétaire du camping. J'explique notre difficulté à monter, il me rassure qu'en première vitesse, c'est jouable.

Pas trop envie de jouer, le soir n'est pas loin et l'aridité du secteur ne nous inspire guère, la preuve est que le versant opposé est en feu.

Je rejoins Sylvie qui commence a suffoquer sous les 37C. Nous décidons de partir, le coin est 'peut-être' bien mais même sans l'avoir visité, nous préférons opter pour un autre bivouac.

Nous voici de retour à Barichara à la recherche d'un autre bivouac. Nous passons d'un camping qui sont rares voire inaccessibles, à des hôtels posant chaque fois la même question si moyennant finance, on ne peut pas stationner et chaque fois c'est la même réponse qui ressort : ‘pas de place señor, nous sommes à l'approche du week-end' et les places vont se remplir.’ De plus la gabarit de kokopelli ne permet pas toujours l'accès.

Nous allons questionner pas moins de 8 établissements et en ressortons avec le même discours.

Nous nous rabattons sur une placette sur les hauteurs de Barichara face à un belvedere donnant sur une vaste vallée. Nous sommes épuisés non pas par les kilomètres parcourus mais surtout par le type de piste empruntée. Autant dire qu'après une bonne douche et le souper, nous ne trainons pas à dormir.

14 février :

Nous partons à la découverte du village qui apparemment serait un des plus beaux de Colombie.

Les maisons sont blanchies à la chaux avec des tuiles romanes vieillies et tachées par le temps. Les rues étroites sont tapissées de grosses pierres en forme de dallage.

Tout ceci donne un certain charme au village tant convoité par les Colombiens qui n'hésitent pas à faire 300 kms pour sortir de Bogota, la capitale et venir se reposer ici l'espace du week-end.

Nous restons quand même sur notre gros coup de cœur que sont les villages colorés de Filandia, Salento, Jerico visités sur la fameuse route du café.

Nous déambulons d'une rue sur un autre, les ruelles montent et descendent donnant un air du vieux San Francisco du temps passé, les façades blanches rappellent les maisons de l'ile de Ré. Ici en fonction de l'heure du jour le soleil joue avec les couleurs des volets de façades.

Notre visite nous mène sur une place carrée comme on en retrouve souvent dans les villages d'Amérique du sud. A proximité de cet endroit ombragé se trouve l’église de l’Immaculée Conception, construite en 1838.

Nous pensions rester à Barichara deux journées mais devons attendre lundi 17 pour partir.

Le groupe ELN (Ejército de Liberación Nacional) un groupe révolutionnaire armé qui succède aux Farcs a décrété 3 journées d'action sur le territoire Colombien. La menace n'est pas à prendre à la légère, le site https://www.diplomatie.gouv.fr en parle, la presse aussi et l'avis des locaux appelle à la prudence.

De pareilles actions menées en 2019 avaient fait une vingtaine de morts.

Ces groupes de révolutionnaires et de milices organisées bloquent certaines routes et n'hésitent pas a faire usage de leurs armes. En plus un fait nouveau cette année, d'anciens leaders farcs auraient rejoient le groupe ELN.

Autant dire que nous allons rester 'au vert' et faire comme certains Colombiens, c’est à dire ‘rester chez soi’.

Nous apprécions notre bivouac, nous ne sommes pas loin du centre, le coin est calme, le décor est beau. Aller déjeuner au restaurant nous permet de profiter d'internet et de suivre l'actualité.

Nous prenons du bon temps pour se reposer, appeler la famille et les amis.

Nous discutons avec un ancien voyageur venu ici en 2019 et c'est là que Cédric (http://pauzailleurs.blogspot.com) nous apprend que Barichara dispose d'une belle piscine.

C'est noté pour l'activité du lendemain.

15 février :

Un grand merci l’ami Cédric, ton information est superbe et avons suivi ton idée.

Nous nous rendons à une belle piscine et y passons une grande partie de la journée partagée entre baignades, repos, bronzage et échanges avec des locaux.

Nous sommes en week-end et curieusement, le village comme la piscine semblent être désertés de monde, sans doute par crainte des problèmes signalés par l'ELN.

Le soir, nous partons dans un restaurant et pour clôturer cette journée de farniente, nous savourons une bonne et énorme glace avant de rejoindre kokopelli.

16 février :

Au départ de Barichara, il y a un sentier de randonnée qui mène à un tout petit village ancrée au fond d’une profonde vallée. Ce hameau s'appelle Guane.

Nous décidons de profiter du beau ciel bleu du matin pour entreprendre cette randonnée, peut-être aussi avec le remord de la grosse glace savourée la veille et se donner bonne conscience en allant éliminer des calories….

Le départ de la randonnée n'est pas loin de notre point de bivouac. Enduits de crème de protection, équipés de chapeau, chaussures de marche et de boissons, nous voici partis sur un sentier qui nous mène a Guane.

Nous avons le sentiment de balader en Provence, il y a des essences qui dégagent un parfum chaud et bon comme lorsqu'on traverse des champs de garrigues.

Le sentier date des annees 1800 et comme Barichara, le dallage est composé de grosses pierres.

Après bien deux heures de marche, nous arrivons à un petit pueblo, le tour est très vite fait, deux rues parallèles aboutissent sur une place centrale carrée pour ne pas changer. Cette place possède une église entourée de café où se retrouvent les habitants du village qui doivent tous se connaître.

Il doit faire 38 degrés et pour regagner Barichara, nous allons profiter d'un taxi assez original. Nous prenons place dans une petite 'chiva'. Le confort est réduit mais l'expérience vaut le coup.

Histoire de se rafraîchir, nous reprenons nos marques a la piscine avant de préparer kokopelli pour la suite du périple.

Où sommes-nous :

Prochaine étape : Côte Caraïbe - Préparation kokopelli