Les Missions

9 Sep 2018

01 septembre :

Nous laissons derrière nous Puerto Iguaçu et ses merveilleuses chutes pour notre prochaine destination : les missions (‘reducciones’)

 

En route, nous faisons une halte à Wanda. C'est une petite ville connue pour son exploitation minière de pierres précieuses. La plupart de ces pierres s'est formée dans la croûte terrestre sous l'influence de la pression et de la température du magma occasionnant des changements de structures. 

Les éruptions volcaniques du passé renferment des pierres précieuses (améthyste, aigue-marine, topaze....). Durant le visite il est curieux de voir des géodes emprisonnées dans la lave comme des pierres creuses encastrées dans les parois.

La mine qui date de 1942 est encore en activité et les pierres extraites sont commercialisées à Puerto Iguaçu.

 

02 septembre :

Nous passons au Paraguay par le pont qui traverse le fleuve Rio Parana reliant d’un côté la ville de Posadas en Argentine à Encarnacion au Paraguay.

 

Ce passage par ce pays ne figurait pas sur notre périple. Mais nous sommes dans le territoire des Guaranis et voulons aller visiter deux ruines Jésuites qui se trouvent aux alentours de Encarnacion. En changeant des devises, cela nous fait tout drôle de se trouver avec des billets de 50000 PYG..... hélas pas euros !

Comme dans tout changement de pays, nous allons effectuer les formalités de douane.

Nous commençons par faire la queue. Nous sommes dimanche et bon nombre d’Argentins passent la frontière pour faire des achats à un meilleur prix. Un policier des douanes s’approche de nous et entame la conversation ‘Dondé son…. D’où venez-vous, où allez-vous’. Contrairement au Brésil où il était difficile de poursuivre une conversation en portugais, ici, c’est plus facile.

 

Même sans maîtriser la langue espagnole, nous arrivons à comprendre et cerise sur le gâteau, nous arrivons à nous faire comprendre.  Ce policier nous indique un couloir de véhicule à prendre pour avancer. Ce couloir est vide tandis que les autres couloirs de passage frontières sont pleins de voitures en attente de passage.

Je lui fais répéter quand même pour m’assurer d’avoir bien compris. Il me confirme d’emprunter le couloir et sans plus attendre, nous passons devant tout le monde. Pas sympa de notre part mais bon….. c’est le ‘douanier’ qui nous a dit de suivre cette direction, nous n’allons pas commencer à contester!

 

Après les démarches effectuées côté Argentin et Paraguayen, nous voici au Paraguay, un nouveau pays à notre palmarès.

 

Nous allons stationner sur le parking de la mission Jésuite de la SS Trinidad de Parana. Nous remettons la visite au lendemain car il se fait tard et il pleut en espérant que le temps soit meilleur le lendemain.

 

03 septembre :

Après une bonne nuit au calme sur le parking, nous partons à la découverte de ce premier site.

 

Juste un peu d’histoire sur les missions jésuites….

Des jésuites sont venus dans les années 1600 pour fonder des ‘reducciones’ (missions) installant des communautés d’indiens Guarani afin de les éduquer et les évangéliser tout en les protégeant de l’esclavage. Les Jésuites enseignaient l’apprentissage de la culture, l’art, la musique mais aussi quelques règles liées au christianisme comme disparition de la polygamie et cannibalisme pour certains…. C’est ainsi que sont nées les missions …. Une trentaine de missions sont réparties entre Brésil, Paraguay et Argentine.

L’époque des missions s’acheve brutalement sur ordre de Charles III, roi d’Espagne. Les Jésuites sont expulsés et les communautés deviennent alors vulnérables, le peuple Guarani abandonne les missions pour retourner dans la ‘selva’ (jungle).

 

De manière générale, l'architecture des missions était presque commune à toutes : maisons des indigènes situées à l’entrée entourant une place principale, un atelier, une grande église, noyau de la mission, un jardin, un cimetière. Deux prêtres jésuites vivaient en permanence dans une mission avec au moins 4000 guaranis.

 

La mission de la SS Trinidad de Parana .

Chaque famille guarani possédait une habitation composée d’une seule pièce. celles-ci étaient disposées de manière alignées entre elles formant un rectangle.

Un trottoir couvert fait d'arcades permettait de circuler. Bon nombre de ces voûtes n’existent plus aujourd’hui et seules les colonnes demeurent.

 

 

L’église restaurée présente des fresques de guaranis jouant de la musique. Le sol est composé de dalles de pavement.

Après cette visite, nous prenons la route pour une douzaine de kilomètre et arrivons aux ruines de la mission Jésuite Jesus de Tavarangué.

Nous sommes les seuls visiteurs du moment et un guide ‘passionné’ nous présente la maquette de cette mission ‘inachevée’. C’est la dernière mission construite sur le territoire qui restera à jamais inachevée.

 

 

Après la visite de ces deux missions, nous reprenons la direction de Posadas en Argentine. Les formalités de passage sont rapides sauf que ‘kokopelli’ a droit à un contrôle scanner.

Nous rangeons ensuite les documents pour les ressortir …. dans quelques mois au Chili.

Nous nous rapprochons de deux autres missions situées quant à elles en Argentine, la mission de Santa Anna et la mission de San Ignacio Mini, la mieux restaurée.

Nous établissons notre bivouac à Santa Anna.

 

04 septembre :

Nous visitons la mission de Santa Anna.

En cours de chemin nous imaginons les édifices de l'époque à travers pierres écroulées ou déplacées, des restes de murs et un ‘semblant’ d’église.

La nature a depuis repris le dessus recouvrant peu à peu cette mission qui possède cependant un certain charme.

 

Nous pourrions continuer la visite des 30 missions existantes mais nous allons nous limiter à ces quatre, les deux du Paraguay et les deux d'Argentine.

 

A quelques kilomètres plus au nord, nous arrivons à la mission de San Ignacio Mini. Etablie sur le site actuel en 1696, cette mission fonctionnera jusqu’à l’expulsion des jésuites en 1767.

 

Un gros travail de restauration des ruines abandonnées sera entrepris en 1940.

 

 

Les deux pans de murs de façade de l’entrée de l’église témoignent de la grandeur de l’édifice.

Le soir, nous allons assister à un très beau spectacle ‘son et lumière’. Des ‘spectres’ de guaranis sont projetés sur les murs pour relater l’activité de l’époque.