Camarones - Cabo Dos Bahia

3 Oct 2018

 

30 septembre :

 

Camarones est un petit port de pêche paisible où il fait bon vivre. A notre arrivée nous nous installons face au port dans un espace avec emplacements de barbecue et électricité.

Nous partons faire une balade pour mieux approcher les bateaux de pêche et croisons un jeune marin rencontré un instant plus tôt dans une panaderia (boulangerie) avec qui nous avions échangé quelques mots. Il était curieux de savoir comment kokopelli était arrivé jusqu’ici.

 

Il attend pour embarquer sur un des bateaux de pêche. Nous lui demandons où il est possible d’acheter des grosses crevettes dans le village. Il nous explique que les bateaux déchargent crevettes et poissons à chaque retour de mer et qu’il  va nous ramener un sac à notre camping-car, le temps pour lui de faire un aller-retour au port.

 

Un moment plus tard, nous entendons frapper à la porte de kokopelli et voici que le jeune homme nous remet un gros sac de crevettes toutes fraîches. Nous insistons pour régler quelque chose mais il refuse catégoriquement. Il repartira avec un petit entremet de Provence que nous avions encore dans la soute.

 

Si  Camarones  avec ses  2000 habitants apparait comme un village isolé sans grand intérêt hormis l’activité de la pêche, c’est le point de départ pour aller visiter la réserve naturelle de Cabo dos Bahias qui rassemble une immense colonie de manchots de Magellan.

 

Nous sommes au plein moment de la période d’accouplement suivie de la couvée des œufs par les deux parents. Les œufs vont éclore 40 jours plus tard. A la fin de la saison de reproduction soit en mars avril, les parents prennent la mer vers le Brésil soit 6000 kms plus loin sans regagner la terre pendant 4 mois.

L’accès à la Pinguinera comporte 30 kms de piste qu’il vaut mieux emprunter par temps sec. Il fait beau aujourd’hui et nous nous lançons sur cette route à la fois caillouteuse et sablonneuse par endroits. Nous croisons les doigts pour que la bonne météo perdure toute la journée…..

 

La piste traverse une steppe aride couverte de petits arbustes. Nous rencontrons des guanacos, des moutons et des chevaux. Tout ce petit monde vit en parfaite harmonie. Des moyennes montagnes avec des troupeaux de moutons éparpillés et une végétation rase  donne l’impression d’être en Irlande. De l’autre côté nous apercevons une côte découpée donnant sur  un océan d’un bleu vif.

Aucune habitation tout au long de cette piste à l’exception d’une maison construite dans les années 90 par le chanteur français Florent Pagny. Les habitants de Camarones comme le ranger à l’entrée du parc de Cabo Dos Bahias le connaissent bien et semblent beaucoup l’apprécier.

 

 Pour parler de lui, ils parlent de la casa del Francès’.

Nous jetons un coup d’œil sur sa demeure de Patagonie et remarquons que les volets sont clos et aucune voiture ne se trouve dans la propriété.

Nous en déduisons que personne est là. Tant pis, l’apéro et l’assado sera pour une prochaine fois….

 

 

 

Après avoir franchi l’entrée gratuite donnant à Cabo dos Bahias, nous arrivons finalement à la Pinguinera.

Dehors il souffle un vent très fort et il fait un froid glacial mais un grand soleil est là. Nous nous habillons chaudement avant d’emprunter une longue passerelle menant à un mirador.

A notre approche les manchots qui soient encore seuls ou en couple poussent des cris comparables au braiment d’un âne.  Ces déplacements nonchalants sont marrants à voir. Certains couples déjà formés occupent un nid et attendent à l’abri du vent. Des mâles se mettent en valeur pour attirer une femelle.

Il semblerait que notre visite ne dérange pas  leur quotidien et encore moins leurs accouplements. Certains manchots approchent peut-être par curiosité à moins d’un mètre de nous.

Malheureusement 50 % de la ponte ne survivra pas, véritable proie des prédateurs. Certains manchots 'plus malins' ont construit leurs terriers sous la grille de la passerelle réduisant les attaques de rapaces.

Nous regagnons le camping-car, contents de pouvoir se réchauffer.

Alors que nous sommes en train de déjeuner,  un guanaco s’approche peu à peu du camping-car mais il s’enfuit soudainement dérangé par un tatoo qui sort de son terrier.

Nous abandonnons notre repas et enfilons à toute hâte un veston pour aller approcher cet animal pas si farouche que çà.

 

A notre approche, il disparait dans son terrier pour en ressortir et reprendre son activité…