Chichicastenango - Guatemala
- Jo et Sylvie
- il y a 6 jours
- 8 min de lecture
13 mai :
Alors que nous nous préparons à quitter notre bivouac qui domine la ville de Quetzaltenango, nous apercevons devant nous sous une beau ciel bleu bien dégagé le fameux volcan Santa Maria avec sa forme conique et un épais nuage de fumée qui se dégage derrière lui depuis le volcan Santiaguito, volcan très actif au Guatemala.
Ce dernier qui est interdit d'accès s'est réveillé le 26 avril dernier avec une nouvelle éruption, des randonneurs qui n'ont pas respecté les interdictions ont été bien surpris et sont redescendus à tout hâte sans occasionner de blessés. (Article : https://www.youtube.com/watch?v=aQtGR231qdo)
Avant de se rendre à notre prochaine étape qui est Chichicastenango, nous décidons de prendre une route qui contourne le cône du volcan Santa Maria de manière à mieux observer les fumerolles que dégage le Santiaguito.
La route est très sinueuse et traverse des forêts tropicales qui nous rappellent le Costa Rica. Nous nous arrêtons à une station de service qui semble donner un beau point de vue sur le volcan. Malheureusement comme bien souvent en montagne, la formation de nuages arrive vite en cours de journée, le ciel bleu a donné place alors à un ciel laiteux et la vue des fumerolles du volcan Santiaguito sont moins spectaculaires. Nous essayons de trouver un petit village pour mieux observer le phénomène et interrogeons des locaux qui sont fiers de nous montrer quelques clichés pris depuis leur téléphone. L'une des personnes interrogées nous propose de se retrouver le lendemain matin pour aller randonner jusqu'à certains belvédères mais malheureusement nous devons nous rapprocher de notre prochaine étape.
Nous jetons un dernier regard sur le volcan et ses fumerolles et prenons la route pour Chichicastenango. Chichicastenango, souvent appelé simplement 'Chichi', est une ville montagneuse située à plus de 2 000 mètres d’altitude dans les hautes terres du Guatemala.
La ville est rendue célèbre pour son immense marché traditionnel coloré qui se tient les jeudi et dimanche, sa culture maya K'iché (prononcé Quiché) très vivante est largement parlée dans la région. Ce marché est considéré comme l’un des plus importants d’Amérique centrale.
Alors que nous traversons le centre de la ville pour arriver à l'unique camping, nous entendons un gros boum sur le côté droit du moteur, le témoin de batterie apparait au tableau de bord et kokopelli2 a du mal à tourner vers la droite.
Nous sommes à 400 m du camping, il reste une bonne côte à franchir, Kokopelli2 a du mal à passer une fois presque arrivé au sommet. L'agent de la circulation donne l'ordre aux autres automobilistes de s'arrêter. De notre côté, nous reculons d'une vingtaine de mètres et tentons de repasser, la côte est franchie, il reste une courte distance pour arriver au camping.
Sur place nous retrouvons 'enfin' Jean et Marie-Rénée, un couple breton en voyage avec leur camping-car Carthago avec qui nous échangeons depuis le début du voyage sans s'être vraiment rencontrés. Nous avions dormi à côté l'un de l'autre à Toronto (Canada) mais sans se voir, nous étions partis tôt le lendemain.

Il fait encore jour et avec Jean, nous nous mettons à relever le côté droit de Kokopelli2 et à retirer la roue pour essayer de situer le problème. Ce qui est étrange c'est que le témoin de la batterie se soit affiché au tableau de bord et que la direction du côté droit soit devenue difficile. Une fois la roue retirée, je remarque que l'alternateur repose sur le bas du carter de protection moteur, drôle d'histoire tout çà.... La nuit arrive, nous restons positifs - du moins on essaie - et prenons un pot d'amitié avec nos voisins bretons. Comme on dit 'demain il fera jour'...
14 mai :
Nous ne trainons pas ce matin, nous recherchons dans une liste de réparateurs auto le plus proche du camping. Sur le conseil du propriétaire du camping, il y en a un à 400 mètres qui est sérieux.
Avec Sylvie nous nous rendons sur place et arrivons rapidement au 'Taller', réparateur auto Le chef s'appelle Jeronimo et se propose de venir voir le problème d'ici une petite heure... Nous insistons pour être sur de son passage...

Moins d'une heure après, le voici qui arrive avec son véhicule, il sort un cric et soulève l'avant de Kokopelli2, il se glisse sous l'avant et retire les plaques de protection sous-moteur. Il en ressort avec le verdict de la panne : le support en aluminium de l'alternateur est cassé, oui bien cassé !
Ce coup-ci c'est la grosse panne car c'est une pièce liée au bloc moteur. Cette partie qui reposait en partie basse empêchait les manoeuvres sur le côté droit et cela explique l'apparition du témoin de batterie puisque l'alimentation de l'alternateur s'était déconnectée.
Jeronimo commence par interroger plusieurs garages et appelle même la capitale Guatemala pour tenter de trouver la pièce. C'est sans résultat.... Autant dire que notre moral baisse et la suite du voyage est même remise en cause.
Jeronimo revient dans l'après-midi et nous propose une solution couramment employée ici en Amérique centrale. C'est de faire souder la partie cassée par un spécialiste de soudeur sur aluminium utilisant la bonne technique de soudure. Nous hésitons mais nous n'avons pas le choix. Le rendez-vous est pris pour le lendemain....
15 mai :
Jeronimo arrive au camping comme prévu à l'heure fixée, son épouse nous a préparé du pain. J'abandonne Sylvie au camping et nous voici partis avec sa voiture en direction de Santa Cruz de Quiché, une ville voisine située à une demi-heure pour faire souder la pièce. Arrivés sur place, la personne n'apparait pas inquiète sur le problème et se montre confiante car la rupture est récente et il est bien outillé pour effectuer la réparation.
Avec Jeronimo nous partons prendre un déjeuner en ville, une ville très animée, puis revenons à l'atelier du soudeur, la pièce est réparée...
Dans le doute et par curiosité, j'interroge la personne sur la durabilité de son travail. En bref, combien de kilomètres vais-je pouvoir réaliser avec cette pièce soudée. Il sourit et m'assure que cela va tenir des années.

Nous voici repartis à Chichicastenango et Jéronimo sans aucune connaissance de la technologie des moteurs européens se remet au travail en remontant le support avec l'alternateur. Il demande ensuite de démarrer le moteur et tout fonctionne. Il nous explique que l'alternateur mis en place au Mexique était fixé que sur une partie et qu'avec les vibrations, cela a forcé et rompu la partie en aluminium. Il nous assure que tout est réparé, consolidé et que nous allons pouvoir continuer notre périple.
Joronimo nous rend un compte rendu de son travail dans le dialecte maya K'iché. C'est vraiment un bon gars !
Jean, notre voisin breton me fait remarquer que le travail de la soudure est comparable à une fracture osseuse, le cal formé donne plus de rigidité à l'ensemble.
Le moral est revenu au beau fixe, nous remercions bien sincèrement Jéronimo pour son professionalisme, sa gentillesse et sa disponibilité. C'est vraiment une personne exceptionnelle rencontrée dans notre périple.
16 mai :
Nous occupons notre journée entre bavardage avec nos amis bretons, lessive, intendance, tri de photos et quelques course en ville. Jean et Marie-Renée quittent le camping pour d'autres destinations, nous voici seuls au camping jusqu'à ce qu'un fourgon allemand arrive...
17 mai :
Nous voici à dimanche, c'est le jour du grand mercado (marché) dans la ville de Chichicastenango.
Le marché attire de nombreux locaux qui arrivent de la région voisine en collectivo, une sorte de bus pouvant contenir 10 personnes ou en tuk-tuk ou dans des gros bus américains relookés. D'autres beaucoup moins fortunés supportent sur leurs dos de lourdes charges.
C'est est l’un des marchés indigènes les plus célèbres et colorés du Guatemala.
On y trouve une grande variété de produits artisanaux et traditionnels, textiles tissés à la main (tuniques traditionnelles mayas portées par les femme, couvertures, sacs, nappes), des masques en bois utilisés dans les danses cérémonielles, de la poterie, bijoux et objets en jade, des fleurs, fruits, légumes et épices et en fin encens, bougies et objets liés aux rites mayas.
Nous partons à la découverte du marché, toutes les rues du centre sont pleines de stands. La circulation est très compliquée à gérer par un service d'ordre exceptionnel pour faire dévier les véhicules. Nous déambulons d'un stand à un autre. Vendeurs et passants sont merveilleusement gentils et beaucoup nous saluent au passage.
Nous profitons du marché pour faire quelques emplettes de souvenirs. Le sac à dos se remplie et nous préférons revenir à Kokopelli2 pour vider le sac et profiter de reprendre de l'argent, ne sait-on jamais si d'autres produits nous intéresseraient en retournant au marché qui va durer jusqu'à 18:00.
Avant de repartir, notre ami Jeronimo vient nous saluer pour nous présenter sa petite famille. Ils ont 4 enfants et se sont mariés à 15 ans. L'âge légal est 18 ans. Avant la réforme de la loi, le mariage des mineurs était légal dans certaines situations au Guatemala.
Pendant longtemps, dans certaines communautés rurales et indigènes, les mariages très jeunes étaient aussi liés à des traditions culturelles, à la pauvreté, au manque d’accès à l’éducation ou à des grossesses précoces. Certaines familles considéraient le mariage comme une manière d’assurer la sécurité économique ou sociale d’une jeune fille. Avant de se quitter, le garçon de Jeronimo vient se blottir contre moi comme pour demander un calin, c'est un très fort moment vécu, bien sur nous avons connu un problème avec Kokopelli2 mais nous avons eu la formidable surprise de connaître une personne magnifique. Nous lui promettons de venir lui dire au-revoir avant notre départ de Chichicastenango.
Revenus au marché, nous traversons des formes de tunnels entiers couverts par des bâches et dessous des stands à n'en plus finir. Nous refaisons des emplettes et en avançant comme pour se perdre dans l'immensité du marché, nous arrivons devant l'église Santo Tomas, construite par les Espagnols vers 1540-1545.
Les marches de l’église sont particulièrement symboliques : elles représentent les jours ou les mois du calendrier maya selon les traditions locales.
Aujourd’hui encore, des mayas y brûlent de l’encens, des bougies et réalisent des cérémonies traditionnelles sur les marches devant l’église, tandis que des messes catholiques sont célébrées à l’intérieur.
Revenus au marché, nous aimons beaucoup l'ambiance qui est très animée avec des couleurs vives, odeurs d’épices et de nourriture locale, des vendeurs en costume traditionnel, et la foule venue des villages voisins. Nous longeons une galerie avec des arcades coloniales autour de la place centrale. On y voit beaucoup des fresques murales colorées. Cette zone fait partie du marché central de Chichicastenango et du bâtiment municipal autour du Parque Central.
Nous ne sommes pas loin du cimetière de la ville et décidons d'y aller.
C'est un des lieux les plus impressionnants et symboliques de Chichicastenango. Il est célèbre pour ses tombes peintes de couleurs très vives : bleu turquoise, rose, jaune, vert, violet ou rouge.
Selon les traditions locales mayas K'iché, chaque couleur peut avoir une signification spirituelle ou affective liée au défunt, même si les interprétations varient selon les familles.
Alors que nous baladons dans le cimetière on assiste à des rituels spirituels mayas avec des offrandes à des ancêtres. L’atmosphère est à la fois paisible, colorée et profondément culturelle. Ce lieu montre l’importance du lien entre les vivants et les ancêtres dans la culture maya du Guatemala.
Durant notre balade dans le cimetière, nous faisons la connaissance d'une maman avec ses deux filles qui semblent très curieuses de notre venue ici. Elles posent beaucoup de question pour essayer de mémoriser quelques mots en français. En discutant avec ces deux adorables petites filles, nous apprenons qu'elles ne vont plus à l'école. Dans dans la réalité, beaucoup d’enfants - surtout dans les zones rurales et certaines communautés indigènes - quittent l’école tôt. Les principales raisons sont liés à la pauvreté. L’accès à l’éducation s’est amélioré ces dernières années, mais les inégalités restent importantes entre villes et campagnes.
Nous reprenons le chemin du retour au camping, la tête pleine de souvenirs, de découverte, d'émotion, de partage, de joie et de tristesse aussi. Chichicastenango restera gravé dans notre mémoire sur l'authentique du Guatemala.





































































































































































































































































Que de belles aventures, d'autres moins rigolotes finissent encore très bien... j'admire votre positivité, moi je serais au fond du gouffre.... continuez à nous faire rêver ! 😍😍
Admiration pour votre positivité devant les pannes ! Et encore un bon dénouement, ouf ! Une rencontre avec des français en camping-car comme vous ! Que de merveilleuses aventures ! Les bus sont magnifiques avec leurs couleurs.