Izamal - Mexique
- Jo et Sylvie
- 14 juin
- 6 min de lecture
11 juin :
Nous avions réservé une sortie au départ du petit port de pêche de Rio Lagartos situé tout au nord du Yucatan pour se rendre dans une réserve naturelle d'oiseaux, de crocodiles et autres animaux.
Malheureusement, la saison des pluies semble bien s'installer, nous avons des trombes d'eau qui tombent sans cesse. La météo prévisionnelle pour cette sortie n'est pas optimiste si bien que nous repoussons la visite à samedi.
Entre-temps, nous partons au petit village de pêcheurs de Dzilam de Bravo et trouvons un endroit de rêve, face au golfe du Mexique mais la pluie qui tombe nous empêche d'aller balader et visiter ce sympathique village.

Nous occupons notre journée à faire de l'intendance, organiser la suite du périple avant notre 'pose' de voyage avec un retour en France au 11 juillet... la journée passe vite finalement.
Puis Sylvie se sent un peu souffrante avec l'alimentation mexicaine, une nourriture bien différente de chez nous en France. Finalement nous annulons cette sortie et prenons la route pour Izamal, une ville historique située dans l’État du Yucatán.
Tout au long de la route, il est fréquent de rencontrer de longues lignes de pierre, appelés albarradas. Ce sont des murs traditionnels construits avec des pierres calcaires locales du Yucatan, empilées sans mortier pour préserver une tradition héritée des Mayas, qui existe depuis des siècles et fait partie du paysage yucatèque.
Nous trouvons un emplacement proche du centre. La nuit commence à tomber, les lampadaires et spots remplacent la lumière du soleil. Nous partons à la découverte des rues du centre.

Izamal est surnommée la "ville jaune" car la plupart des bâtiments du centre historique sont peints en jaune ocre avec des bordures blanches. L'origine exacte fait débat, mais deux explications sont souvent avancées : La visite du pape Jean-Paul II en 1993.
La ville aurait été repeinte en jaune et blanc, pour reproduire les couleurs du Vatican et pour accueillir le pape au couvent San Antonio de Padua.
Mais une autre explication qui faite suite à un tradition locale plus ancienne serait plus plausible : certains historiens estiment que plusieurs bâtiments étaient déjà peints dans des tons jaunes avant cette visite, en raison des pigments disponibles dans la région et de l'identité visuelle de la ville.
Aujourd'hui, cette couleur est devenue l'un des symboles d'Izamal et contribue à son classement parmi les 'Pueblos Mágicos' (villages magiques) du Mexique.
Très vite nous arrivons devant le magnifique Couvent de San Antonio de Padoue. C'est l'un des monuments les plus emblématiques d'Izamal. Construit au XVIᵉ siècle par les Franciscains après la conquête espagnole, il a été édifié sur les vestiges d'un ancien centre cérémoniel maya, utilisant en partie des pierres provenant des temples préhispaniques. L'église abrite une statue vénérée de la Vierge d'Izamal, importante pour les pèlerins de la région.
Le couvent est immense, il se distingue par son immense atrium, vaste cour entourée d'arcades, considéré comme l'un des plus vastes d'Amérique.
Sa façade jaune et blanche s'harmonise avec les couleurs caractéristiques de la ville. Ce monument illustre la rencontre entre les cultures maya et espagnole, ainsi que le rôle de l'évangélisation dans la péninsule du Yucatán.
Nous nous dirigeons ensuite vers la place principale comme il est fréquent de voir dans toutes les villes parcourues, il y a du monde, locaux et visiteurs qui profitent de la soirée dans un cadre agréable. Attirés par une musique, nous approchons et assistons à une répétition d'un groupe de danseurs.
Avec une posture droite et élégante, Les danseurs exécutent des pas rapides et rythmés, en frappant le sol avec précision. Ce spectacle de jarana yucatèque est une danse folklorique, emblématique de la péninsule du Yucatán. Elle est née du mélange des traditions mayas et des influences espagnoles apportées pendant la période coloniale.
Nous regagnons Kokopelli2 en passant par une arche située à proximité du Couvent de San Antonio de Padua. Elle fait partie des éléments architecturaux du couvent. Cette arcade se distingue la nuit par un éclairage de lumière bleu violacé offrant une perspective très photogénique.
13 juin :
Nous avons passé une nuit calme derrière le couvent, un couple de voyageurs québécois était stationné devant nous.
Emerveillés par la visite nocturne de la veille, nous voulons approfondir la découverte de cette agréable cité avant de poursuivre notre périple. La visite de Izamal ne se limite pas au couvent et possède un riche passé historique. Nous abandonnons Kokopelli2 et partons à la découverte de la pyramide Kinich Kakmó, le monument maya le plus impressionnant d'Izamal.
Il fait déja très chaud et humide, nous arrivons très vite sur la place centrale et empruntons de magnifiques ruelles avec des maisons coloniales basses aux murs jaunes et vieillis par le temps. Les rues sont encore presque désertes à cette heure matinale, il semblerait que le temps se soit arrêté. Nous passons pas des magasins de souvenirs où nous sommes encore les seuls clients avant d'arriver devant l'entrée de la pyramide Kinich Kakmó.
Un escalier en pierre permet de gravir le premier niveau. Arrivés sur place nous tombons sur une vaste prairie avec des pierres disséminées un peu partout. Cela remonte à l'époque coloniale où les espagnols ont entamé la construction du couvent San Antonio de Padoue, ils se sont servis de ces pierres détruisant une partie des nombreuses pyramides Mayas présentes à Izamal.
Face à nous se dresse l'autre niveau de la pyramide de 'Kinich Kakmo', considérée comme l’un des plus grands monuments préhispaniques du Mexique. Cette pyramide a été construite entre le Ve et le IXe siècle par les Mayas. Elle possède une base d'environ 200 mètres sur 180 mètres avec une hauteur d'environ 34 mètres. Elle représente le volume parmi les plus importants du monde Maya.
Le site était un important centre religieux dédié au dieu solaire Maya. Selon la tradition, le dieu solaire descendait du ciel sous la forme d'un ara (un grand perroquet coloré) pour recevoir les offrandes des fidèles.
Un large escalier partiellement détruit permet de monter au sommet. De là, on profite d'une belle vue sur les toits jaunes d'Izamal et sur l'immense plaine du Yucatán, très plate. Contrairement à Chichén Itzá, le site est généralement peu fréquenté, ce qui lui donne une atmosphère paisible.
Revenus dans les ruelles de la ville baptisée 'la cité jaune', nous poursuivons la découverte en direction d'une autre pyramide : Itzamatul, la deuxième plus grande pyramide d’Izamal après Kinich Kakmó et l’un des principaux monuments de l’ancienne cité maya.
Cette pyramide est moins spectaculaire et beaucoup plus difficile pour atteindre le sommet, une grande partie du monument est encore recouverte de végétation, ce qui lui donne l’apparence d’une colline artificielle. Mais cela nous aura permis de comprendre la construction de ces édifices grandioses.
La pyramide était généralement bâtie autour d’un cœur composé de pierres brutes arrondies, de gravats, de terre compactée et de mortier à base de chaux. Ce remplissage formait la masse principale de l’édifice.
Une caractéristique remarquable de l’architecture maya est que les pyramides étaient souvent agrandies en recouvrant une structure plus ancienne. Au lieu de démolir l’ancien monument, on construisait une nouvelle enveloppe par-dessus.
Les Mayas ne disposaient ni de roues pour le transport lourd ni d’animaux de trait. Les blocs étaient déplacés par des équipes d’ouvriers à l’aide de cordes, de leviers, de rampes de terre et de rouleaux en bois lorsque le terrain le permettait.
En poursuivant la visite, nous arrivons à la magnifique église 'Capilla de los Remedios'. C'est l’un des plus beaux édifices religieux d’Izamal, souvent moins connue que le grand couvent de San Antonio de Padua mais tout aussi représentative de l’architecture coloniale yucatèque.
Composée de murs épais, de couleur jaune ocre, elle est dédiée à la Vierge des Remèdes (Nuestra Señora de los Remedios) et témoigne une fois de plus de l’évangélisation menée par les Franciscains dans la région du Yucatán après la conquête espagnole.
Un dernier passage par le couvent et son atrium, croisant des locaux aux tenues locales, nous retournons à Kokopelli2 pour reprendre la route en direction de la célèbre ville de Mérida, capitale de l'état du Yucatan.
Nous quittons Izamal avec un véritable coup de coeur, une ville espagnole paisible construite directement sur une ancienne cité maya. Plusieurs pyramides sont donc intégrées au tissu urbain actuel, faisant d'Izamal l'un des rares endroits où l'on peut voir cohabiter aussi clairement héritage Maya et architecture coloniale.







































































































































































































Encore de bien belles visites
Bonne continuation