San Andres Xecul - Guatemala
- Jo et Sylvie
- 13 mai
- 5 min de lecture
12 mai :
Nous avons un beau ciel bleu bien dégagé ce matin et depuis Kokopelli2, nous sommes devant une splendide vue donnant sur le Santa Maria, un grand volcan situé dans l’ouest du Guatemala qui culmine à 3772 mètres. Il est de forme conique, formé de couches de lave et de cendres.
Le Santa María est célèbre pour son énorme éruption de 1902, qui a détruit une partie du volcan, des villes avoisinantes entièrement couvertes de cendres..
A la suite de cette éruption, un nouveau complexe volcanique est apparu sur son flanc situé plus au sud le Volcan Santiaguito, encore très actif aujourd’hui.
Et pour preuve, à un moment donné où notre regard s'est pointé vers le ciel et nous voilà aux premières loges, le volcan Santiaguito vient de cracher une immense nuage de fumée. Malheureusement nous ne pouvons pas apprécier pleinement ce spectacle qui arrive de manière régulière car ce volcan se situe derrière le Santa Maria.
Nous prenons la route en direction de notre prochaine visite : San Andrés Xecul.
La route n'est pas facile surtout quand il faut suivre des véhicules pollueurs. Aux feux tricolores, des marchands ambulants proposent leurs produits.
Après plusieurs tentatives pour approcher cette petite ville et avec l'aide de charmants locaux, nous arrivons enfin dans une grande rue proche du centre. Nous laissons Kokopelli2 et partons à la découverte. La rue principale est spacieuse avec beaucoup de traffic, il règne une vive agitation entre bus américains revendus au Guatemala et relookés sans oublier les tuk-tuk, petits taxis locaux. En pénétrant dans le centre de la ville, on réalise que nous sommes dans de l'authentique. Une fois de plus, peu de guides font état du charme de cette petite ville où la culture maya est encore bien présente, les femmes sont revêtues de tenues locales. Faut dire que l'accès n'est pas très facile d'une part et la ville manque d'infrastructures touristiques.
Autre constat, nous réalisons aussi que nous sommes l'activité du jour ici où on se sent bien. Sans doute à cause de notre couleur de peau, les gens qui nous croisent nous souhaitent la bienvenue et cherchent à discuter avec nous qui venons de si loin pour visiter leur pays.
Arrivés sur la place centrale, nous sommes devant une église SPENDIDE !
San Andrés Xecul possède des origines préhispaniques et était historiquement habitée par des populations mayas k’iche’. Après la conquête espagnole au XVIe siècle, les missionnaires catholiques ont établi des églises et introduit la religion chrétienne dans la région. Comme dans de nombreuses localités mayas, les traditions autochtones et les croyances catholiques se sont mélangées au fil du temps, créant une culture religieuse unique.
La principale attraction de San Andrés Xecul est son église, connue pour sa façade jaune vif décorée de saints, d’anges, de jaguars, de singes et de symboles mayas. Cette décoration spectaculaire représente le mélange d'influences entre les croyances mayas et le catholicisme colonial espagnol.
Nous poursuivons notre découverte en remontant une ruelle, les maisons sont colorées, pas terminées mais cela n'est pas grave, nous vivons de l'authentique, un véritable plaisir de découverte pour nos yeux.
Beaucoup de façades de maisons possèdent des balcons avec des balustres. Les balustres viennent surtout de l’architecture introduite par les Espagnols pendant l’époque coloniale.
Nous arrivons sur une placette où se dresse devant nous l'Iglesia del Calvario, un lieu de prière en hauteur. Cet endroit offre une vue générale sur toute la ville entourée de collines et volcans dont peut-être certains sont toujours en sommeil.
A deux pas de là, se trouve un tout autre lieu de prière lié à la tradition maya k’iche’, utilisé en parallèle du catholicisme. L'endroit peut se décrire comme un petit autel cérémoniel en plein air simple, fait de pierres plates, d'une croix. De l'encens est brûlé pendant les cérémonies pour 'nourrir' les esprits. La ville a conservé une forte identité maya, visible dans la langue, les vêtements traditionnels et les cérémonies locales.
Nous prenons le retour vers le centre et voilà que Sylvie se convertie en professeure à donner des petites traductions en français à une groupe de jeunes collégiennes curieuses de nous voir ici.
En poursuivant nous arrêtons devant une habitation et en levant les yeux sur une terrasse de toit, on aperçoit des écheveaux de coton colorés qui sèchent au soleil. Nous demandons si on peut visiter et nous voici moins d'une minute après dans une cour de maison divisée en différents ateliers, formation des écheveaux, étape de coloration par trempage dans des cuves de colorants et séchage sur le toit avant d'être expédiés en fabrique de tissage.
Revenus au centre, nous passons par un petit marché couvert qui surplombe la merveilleuse église avec sa façade jaune éclatante. Nous nous arrêtons devant un stand de légumes, une femme est en train de servir des clients pendant que son mari est assis sur une caissette en bois. A notre passage, l'homme s'adresse à nous et nous dit 'son franceses'. Nous marquons un arrêt et demandons comment a-t-il pu nous identifier sans avoir échangé un seul mot, un fait du pur hasard, aucune idée mais son regard profond, la force de sa poignée de main, sa gentillesse nous a rappelé, hormis la teinte des cheveux, mon oncle Jeannot qui a quitté ce monde il y a peu de temps.
Nous profitons d'acheter des bons légumes avant de quitter ces deux adorables personnes avec même le coeur un peu triste de devoir leur tourner le dos. Le 'voyage' a quelques chose de magique, d'inexplicable parfois, de mystérieux même et quelque chose d'unique.
Quelques derniers clichés avant de quitter San Andres Xecul avec de merveilleux souvenirs en tête. Nous prenons la route pour notre prochaine étape.
En chemin petit arrêt à une steak house et nous repartons. Nous voulons être sur place demain pour randonner de bonne heure et parcourir une lagune formée dans le cratère depuis l'éruption du volcan Chicabal il y a des milliers d'années.
Cette lagune a une importance spirituelle pour le peuple maya Mam, il représente un lieu sacré pour des cérémonies spirituelles appelant la pluie pour favoriser la culture.
Les choses ne vont pas se passer comme prévu pour atteindre notre bivouac. Nous prenons une route qui commence par grimper. Après un virage, on se persuade que cela va aller mieux mais non, la route est encore plus raide et des 'topes', ces fameux ralentisseurs sont là et il faut donc les franchir en première vitesse puis tenter de reprendre la route à pleine puissance.... Après deux kilomètres, nous baissons les bras, les limites de Kokopelli2 sont là, il n'est pas 4x4, il pèse son poids et décidons de ne pas aller plus en avant même si le parking final où nous avions prévu de bivouaquer n'est qu'à 400 mètres.
Deux familles de locaux nous proposent de dormir devant chez eux, nous acceptons en donnant une petite pièce. Nous voici en pleine région maya K'iché.... Les femmes sont habillées en tenue locale et tout ce petit monde est ravi de nous savoir ici chez eux. Les coups de téléphone vont bon train, tous les enfants viennent nous voir, curieux, contents de nous rencontrer.
C'est depuis ce parking situé à 400 mètres que nous monterons dans des jeep-tours qui nous emmèneront demain au début de la randonnée.








































































































































































J'imagine la tête du flic en France qui tombe sur un pick up chargé d'une vingtaine de personnes!